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Un réseau pour accélérer la création d’entreprises innovantes

10 10 2008

Encadr__.jpgPour mieux accompagner les porteurs de projets dans leur démarche d’innovation, rien de tel qu’une chaîne bien huilée d’experts dans leur domaine, travaillant main dans la main. De la maturation technologique à l’accompagnement financier, le CEEI, Normandie Incubation et Synergia intensifient cette logique de “réseau unique à guichets multiples”. A la clé, une meilleure réactivité pour mieux détecter l’innovation et “fabriquer” des chefs d’entreprise.

Les 10 propositions du Livre blanc | Retis, le réseau de l’innovation | Innover : deux idées pour associer des talents | A Nantes, Atlanpole est au cœur de l’innovation | « Sans Normandie Incubation, j’aurais peut-être abandonné »

Les 10 propositions du Livre blanc
Sous le titre “L’innovation : notre avenir”, le Livre blanc “10 propositions pour favoriser l’innovation en France” du réseau Retis est un document de 140 pages (1). “Grande cause nationale, l’innovation est une bataille qu’il faut absolument gagner, explique Francis Becard, président de Retis. Ce livre blanc est une pierre de plus à l’édifice. C’est une œuvre de réflexion prospective et d’expression collective qui a largement mobilisé notre réseau. Gageons que les différentes idées parfois ressorties des tiroirs – combien attendent et méritent d’être réveillées, adaptées et reformulées ? – et que toutes les idées neuves émises dans ce document ne resteront pas lettre morte.”
Voici ces 10 propositions :
• Mieux détecter les projets dans les laboratoires
• Pour un cursus “Entrepreneur-Etudes” gagnant
• Le réseau unique à guichets multiples
• Labelliser les structures d’accompagnement
• Plus de flexibilité et d’autonomie avec un statut privé
• Rendre l’investissement privé possible
• Décloisonner les mondes de la recherche et de l’entreprise par les contrats à temps partagés et s’appuyer sur le mécénat d’entreprise
• Donner des facilités aux Business Angels
• Impliquer les entreprises cotées
• Pour un engagement sociétal des grands comptes dans les PME innovantes
(1) Le livre blanc Rétis est disponible à l’accueil de la pépinière Plug N’Work, sur le campus Effiscience. Il est aussi disponible en téléchargement sur le site Internet de Retis.Pour plus d’infos sur le Livre blanc réalisé par Rétis
Tél. : 03 25 83 21 88; Mél : info@retis-innovation.fr; Site : RETIS

Retis, le réseau de l’innovation
Nouveau_logo_p11.jpgCEEI, incubateur, technopole : les trois outils de l’innovation sont rassemblés au sein d’un seul réseau, Retis. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’adhérents répartis sur tout le territoire. “En 20 ans d’existence, Retis a déjà parcouru un long chemin sur le terrain difficile de l’accompagnement de l’innovation, de l’émergence de nouveaux projets et de la création de valeur sur les territoires”, souligne son président, Francis Bécard. Selon les chiffres du réseau, 12.000 créations d’entreprises et projets collaboratifs ont ainsi vu le jour en France. Outre sa capacité à fédérer, le réseau se veut aussi force de propositions.
Missionné par le ministère délégué à l’Industrie, Retis a publié, début 2007, un rapport présentant sa réflexion sur l’amélioration des passerelles entre les grandes écoles et les réseaux d’appui à l’innovation et à la création d’entreprise afin de susciter une “nouvelle culture entrepreneuriale”. Dernièrement, en juin 2008, le réseau vient de publier un Livre blanc sur l’innovation avec 10 propositions (lire en encadré).
Les 3 outils:
CEEI : Centre Européen d’Entreprises et d’Innovation
Il détecte et accompagne les projets de création d’entreprises innovantes ou de développement d’entreprises existantes par l’innovation.
Les 33 CEEI (Synergia à Caen) sont labellisés par l’Union européenne via le réseau EBN (European Business and Innovation Center Network) dont Retis est le relais national. 4 sont en réflexion à Cherbourg, Alençon, Rouen et Le Havre.
Incubateur
Né de la loi sur l’innovation de 1999, il a pour mission de favoriser l’émergence et la concrétisation de projets d’entreprises innovantes issus ou en lien avec des laboratoires de recherche publics.
Retis réunit les 32 incubateurs (dont l’incubateur de Basse-Normandie “Normandie Incubation” et Acceval en Haute-Normandie), conventionnés par le ministère délégué à la Recherche.
Technopole
Elle est le support de la politique de développement d’un territoire à partir de l’innovation. En favorisant la fertilisation croisée, elle propose l’hébergement de l’entreprise, l’animation et la mise en relation des compétences.
Le territoire compte plus de 50 technopoles labellisées RETIS, dont la technopole de Cherbourg-Octeville et Synergia à Caen.

Innover : deux idées pour associer des talents
• Il verra le jour d’ici peu. Soutenu par la Direction générale des entreprises (DGE) du ministère de l’Industrie et porté par le réseau Retis, un concours d’un nouveau type va être lancé pour favoriser la collaboration et la mixité des projets innovants. L’idée est d’associer des compétences distinctes entre elles. Pour y répondre, les équipes devront mêler au moins trois talents. Comme par exemple, la réunion d’un ingénieur, d’un étudiant en médecine et d’un élève d’école de commerce. “La principale faiblesse des structures, c’est souvent l’équipe, pas le projet, regrette Francis Bécard, président de Retis. Et puis l’enseignement supérieur français est trop cloisonné.”
Nom de code : Spinnove. L’idée du projet est d’exploiter, par une équipe de compétences mixte qui va effectuer un stage de 6 mois, les idées non valorisées ou menacées d’être abandonnées au sein d’une entreprise. Elle est constituée d’un élève d’école d’ingénieurs et d’un élève d’école de management en dernière année d’étude. Le binôme a pour mission de construire le business case (étude faisabilité réalisée en amont du business plan) des applications d’une technologie ou d’un concept “en panne”. Après une première expérience pilote en 2007, le projet soutenu par la DGE sera déployé, avec l’aide de Retis, sur l’ensemble du territoire en 2008-2009. “Il faut créer des mouvements favorables. Dans les grandes entreprises, on a des idées mais on prend peu de risques. Cette idée d’associer université et grandes écoles à l’essaimage est intelligente”, résume Francis Bécard.

A Nantes, Atlanpole est au coeur de l’innovation
jean_marc_ayrault_300.jpgAtlanpole est la seule technopole en France à réunir en son sein incubateur et CEEI. Président d’Atlanpole, Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, explique la force de ce réseau unique en son genre.
Vous réunissez les 3 grands métiers (incubateur, CEEI et Technopole) sur Nantes.  Quels sont les avantages de cette force de frappe ?
Atlanpole, Technopole du bassin économique et universitaire de Nantes Atlantique, est dotée d’un Centre Européen d’Entreprises et d’Innovation, et porte l’Incubateur régional des Pays de la Loire. Elle est également pilote et/ou partenaire de plusieurs pôles de compétitivité. Cette mutualisation des compétences et de moyens (ou “force de frappe”) démultiplie les interconnexions entre enseignement supérieur, industrie et recherche, favorisant/boostant ainsi l’innovation sur notre territoire.
Atlanpole a professionnalisé depuis 10 ans de nouveaux métiers essentiels au développement de l’innovation : l’incubation et l’ingénierie de projets innovants, qu’ils soient individuels ou collectifs. Cette excellence métier fait d’Atlanpole un outil éprouvé au service des entreprises innovantes, des pôles de compétitivité et du territoire.
Quels sont les résultats du réseau Atlanpole ?
Le réseau d’Atlanpole compte aujourd’hui près de 300 entreprises innovantes, représentant plus de 20000 emplois. Chaque année, l’équipe d’Atlanpole évalue une centaine de nouveaux dossiers de création d’entreprise innovante. Une vingtaine sera réellement accompagnée sur 5 ans et 10 à 12 entreprises se créent par an.
Depuis 20 ans, Atlanpole a contribué à créer près de 200 entreprises innovantes.
Les collectivités locales ont-elles encore les capacités d’agir sur le développement économique ?
Atlanpole est un bon exemple de l’engagement des collectivités territoriales pour le développement économique. Elles soutiennent toutes Atlanpole depuis 20 ans maintenant. Grâce à cet état d’esprit mutualisé, Atlanpole obtient des engagements forts (construction de pépinières, réflexions autour du financement, leadership sur des filières émergentes, organisation de congrès internationaux…). Les collectivités peuvent anticiper les mutations économiques de leur territoire. Une structure comme Atlanpole est au cœur de l’innovation, elle perçoit le potentiel et la vitalité du tissu économique. Elle se doit d’animer ce “terreau” , de l’optimiser avec l’aide des collectivités.

« Sans Normandie Incubation, j’aurais peut-être abandonné »
Une_connexions_32.jpgA 35 ans, Gaël Duval conduit actuellement sa deuxième aventure économique, au travers de la société Ultéo, éditeur de logiciels. Même si son expérience est grande, l’accompagnement de l’incubateur lui permet de gagner beaucoup de temps. Avec la société Ultéo, Gaël Duval mène depuis deux ans un projet dans le domaine de l’édition de logiciels. Ce caennais, titulaire d’un DESS en informatique, n’en est pas à sa première expérience d’entreprise innovante. Il a même frappé très fort en 1999, en créant Mandrakesoft, avec deux associés parisiens. « Nous avions conçu à l’époque un système d’exploitation dont la convivialité permettait de démocratiser Linux vis à vis des particuliers. » Remarquée aux USA, l’innovation va propulser l’entreprise au sommet en très peu de temps. En 2001, avec 150 salariés, Mandrakesoft entre en bourse, au marché libre. La majorité de ses parts vendues, Gaël Duval est aujourd’hui attelé à un projet similaire. Il a créé Ultéo (7 salariés) en 2006. La jeune pousse est hébergée chez Normandie Incubation. « J’avais besoin d’un accompagnement sur la maturation économique du projet. Ici, Laurent Protin m’ouvre très vite les portes des bons interlocuteurs. Il m’a aiguillé sur des experts qui m’ont permis d’affiner le projet et de remporter le concours national de l’innovation Oséo en 2007, ce qui me permet d’être aidé pour ma R&D à hauteur de 50%. Idem pour la recherche d’investisseurs. L’incubateur m’a ouvert à tout un réseau. Sans lui, j’aurais peut-être déjà abandonné. »

Dans le contexte de forte concurrence mondiale, la bataille de l’innovation est cruciale pour notre économie. Une source essentielle de performance pour nos entreprises. C’est le credo que mettent en application 113 entités à travers la France, au sein du réseau Retis, créé il y a 20 ans (lire en encadré). Il rassemble à travers tout le pays les CEEI (Centres Européens d’Entreprises et Francis_b__card.jpgd’Innovation), les Incubateurs et les Technopoles, autour d’une même idée : mettre en réseau des structures expertes dans leur domaine et proches des porteurs de projets. “Retis, rassemble des structures toutes très investies dans leur métier. Elles maillent désormais parfaitement les territoires, elles communiquent beaucoup entre elles, partagent en permanence les retours d’expérience, les réussites comme les échecs”, situe Francis Bécard, le président de Rétis. A l’heure de ses 20 ans, le réseau tourne aujourd’hui à plein régime et affiche des statistiques flatteuses : “rien qu’en 2007, près de 10.000 aventures entrepreneuriales ont pu bénéficier des services de Rétis et en 20 ans, 12 000 créations d’entreprises et projets collaboratifs ont vu le jour”.

“Réseau unique à guichets multiples”

Derrière ce score, il faut d’abord lire la capacité des membres de Rétis à mobiliser localement les énergies disponibles, pour expertiser et accompagner les projets jusqu’à la finalité qui est de “fabriquer un chef d’entreprise armé pour s’intégrer dans le tissu socio-économique de façon pérenne”, témoigne Pascal Hurel, directeur de Synergia (agence de développement économique de Caen la mer). Synergia, labellisée “technopole”, a intégré en 1998 un CEEI, dont les deux grandes missions sont de détecter et P.Hurel.jpgaccompagner les projets innovants (lire également en encadré). Technopole et CEEI : ces deux outils animés par Synergia, qui vient d’aménager sur le campus Effiscience dans le bâtiment Plug N’Work, travaillent main dans la main avec l’incubateur régional Normandie Incubation. A eux trois, au fil des années, ces adhérents du réseau Rétis ont su créer et entretenir, chacun dans leur domaine, une dynamique d’échanges et de partenariats avec les acteurs de la recherche ou du financement, avec les collectivités ou les grandes entreprises motrices de la région. “L’idée sur laquelle nous sommes précurseurs depuis une dizaine d’années, est celle d’un réseau unique à guichets multiples”, insiste Pascal Hurel. En d’autres termes, “faire émerger des réseaux régionaux uniques de l’innovation en fédérant à l’échelle d’un territoire les acteurs de l’innovation, dans une démarche partenariale.” On peut aussi parler de fertilisation croisée ou de mise en relation des compétences. “Le CEEI, l’Incubateur et la Technopole reposent sur un large partenariat local et régional qui réunit le monde de la recherche, de l’enseignement supérieur, des collectivités, des entreprises innovantes.”

“Derrière chaque projet, un réseau sur-mesure”

La force du réseau réside dans cette aptitude à mobiliser rapidement des experts sur les grands métiers de la création ou de Mr_J.F_Balducchi__2_.jpgl’accompagnement d’entreprises innovantes. La situation est semblable à Nantes. Ce que confirme Jean-François Balducchi,
délégué général d’Atlanpole qui réunit à la fois (un cas unique en France dans le réseau Rétis) technopole, CEEI, incubateur (lire à ce sujet l’interview de Jean-Marc Ayrault ) : « à Atlanpole, avec nos trois outils, nous avons réussi à créer une vraie dynamique de réseau. L’idée est toujours d’optimiser. Tout est imbriqué. Il y a ainsi une continuité dans la chaîne de l’innovation. Et la mayonnaise a bien pris. »
De la détection et l’évaluation du projet, jusqu’à la création et l’hébergement de L.Jossier.jpgl’entreprise, via la formation, la maturation économique ou technologique, l’ingénierie de projet ou encore le financement (voir infographie), chacun de ces compartiments clés bénéficie de l’intervention d’acteurs reconnus. L’enjeu est double : à la fois de disposer d’une bonne réactivité vis à vis du porteur de projet et d’une grande crédibilité pour faciliter l’obtention des aides publiques. “Pour convertir un projet technologique en entreprise qui va créer des emplois, il faut un épais maillage de partenaires”, illustre Laurent Protin, directeur de Normandie Incubation, l’incubateur de Basse-Normandie. “Rien que pour la compréhension du projet qui arrive sur mon bureau, j’ai souvent besoin de spécialistes.”

“Un rôle d’assemblier”

Aux antipodes du vase clos, Laurent Protin et son équipe ont aujourd’hui le réflexe d’organiser très vite, pour le porteur de projet, un rendez-vous commun avec des partenaires incontournables : Pôles de compétitivité, Oséo, labos, Synergia, Région. “C’est rassurant pour le porteur et ça nous permet de valider collectivement une démarche.” Vient ensuite le temps de l’accompagnement : “nous assurons nous-mêmes une partie seulement des services que nous proposons. Dans des domaines très pointus, comme la fiscalité de l’innovation ou la stratégie commerciale, nous nous appuyons sur un réseau d’experts. En bref, nous sommes comme un médecin généraliste de l’innovation qui aiguille son patient vers des spécialistes. Pour chaque projet, nous constituons un petit réseau sur-mesure. C’est une donnée essentielle de notre métier.” Depuis sa création en 2001, l’efficacité de l’incubateur s’est renforcée en s’appuyant sur cette logique réseau : 160 emplois créés, près de 30 entreprises aujourd’hui en activité et la preuve que le dispositif est rentable. A l’heure de laisser voler les jeunes pousses de leurs propres ailes, le réseau peut L Jossier.jpgnotamment s’appuyer sur Emergence, pépinière d’entreprise qui accompagnée de nombreuses jeunes sociétés innovantes et incubées.
Au CEEI, Laurent Jossier peut en dire autant sur la logique de travail. “D’abord, nous détectons la bonne idée. Ensuite, nous n’hésitons pas à faire glisser les dossiers vers les structures les plus adaptées à l’avancement du projet. Par exemple les projets technologiques seront suivis par l’incubateur. Liste des partenaires au quotidien de Laurent Jossier est longue : Région (Miriade), CCI, Chambre des Métiers, Oséo, Normandie Incubation, PFIL, Business Angels régionaux… “Nous avons un rôle de facilitateur et d’assemblier.”
Au sein de Rétis, les acteurs sont aussi des passeurs. Ils échangent leurs expériences, suivent ensemble des formations, harmonisent leurs méthodes. “En matière de création d’entreprises, le principal risque est l’isolement, et les chasses gardées”, prévient Pascal Hurel, qui milite pour “une organisation par projets partagés, à la manière d’une entreprise, avec ses départements et services experts mais une stratégie unique.” Un peu à l’inverse de la notion de guichet unique, “qui est un peu un mythe… ou comment ne jamais disposer de la bonne compétence au bon moment.”

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