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Technologies Clés 2010 la Basse-Normandie dans le train de la compétitivité

11 03 2009

Couv 4pages Techno clés ok_1.jpgQuelles sont les technologies d’aujourd’hui qui deviendront indispensables demain ?
Où la Basse-Normandie se place-t-elle sur l’échelle de l’innovation en terme de technologies ? Pour répondre à ces questions, et permettre aux PME-PMI régionales de ne pas rater la marche du progrès, la DRIRE a conduit une étude régionale sur les technologies clés.


Ils témoignent : MSI Chantiers Allais ” La simulation numérique est un outil, pas une fin en soi “ | Ils témoignent : Cabinet Lymphis ” Faire goûter aux entreprises les technologies clés ”

Ils témoignent : MSI Chantiers Allais ” La simulation numérique est un outil, pas une fin en soi “
Chantier_MSI.jpgL’entreprise de construction navale de François Allais s’est installée sur le port militaire de Cherbourg en 2006. MSI Chantiers Allais y construit des bateaux destinés à des usages professionnels, pour les plates-formes pétrolières par exemple. La simulation numérique est utilisée dans la conception de ses modèles.
” La simulation numérique est arrivée dans mon entreprise en 1976, avec mon premier ordinateur, qui me permettait de réaliser des projections de gestion ! “, ironise François Allais.
Avant de parler simulation numérique, le constructeur tient à mettre les points sur les ” i “. ” La simulation numérique est apparue, pour beaucoup de PME comme un miroir aux alouettes faute d’une définition précise. Sous ce terme se cachent en réalité des techniques extrêmement différentes “. Pour le chef d’entreprise, il ne faut donc pas confondre simulation numérique et imagerie virtuelle par exemple. Dans son domaine, celui de la conception marine, la simulation numérique a de multiples usages : utilisation d’un calculateur avec simulateur de comportement pour la conception de la forme de la carène, vérification des éléments structurels, calculs de résistance… Pourtant, François Allais tient à rester prudent. ” La simulation numérique est un outil, pas une fin en soi. Elle doit faire partie d’un processus de réflexion de l’entreprise “. Pour lui, la simulation numérique ne doit pas être vue comme une solution ” miracle ” pour les chefs d’entreprises. Elle n’est pas, par exemple, synonyme d’économie de main-d’œuvre, car son utilisation nécessite aussi de faire entrer des compétences différentes au sein de l’entreprise. ” L’entreprise qui mise sur la simulation numérique doit savoir dans quoi elle s’engage. Elle doit avoir une stratégie industrielle, savoir si c’est vraiment bon pour son entreprise. ” Certes, la simulation numérique peut permettre aux entreprises d’augmenter leur production. ” Mais encore faut-il qu’il y ait un marché suffisamment capable de l’absorber “.

Ils témoignent : Cabinet Lymphis ” Faire goûter aux entreprises les technologies clés ”
LYMPHIS.jpgCréé en 2007 par Laure Cardine et Luc Vichit, Lymphis s’est spécialisé dans le développement économique à travers l’innovation technologique. Le cabinet-conseil a été retenu par la DRIRE pour décliner l’étude ” Technologies Clés 2010 ” au niveau de la Basse-Normandie.
Comment avez-vous travaillé pour réaliser cette analyse ?
En partant de l’étude ” Technologies Clés 2010 “, l’objectif était d’évaluer les technologies qui pouvaient intéresser les entreprises bas-normandes, et de savoir comment les industriels pouvaient se les approprier. Nous avons d’abord étudié le tissu industriel régional, pour savoir quelles étaient les filières les plus utilisatrices de ces technologies, leurs besoins, les tendances. Puis nous avons consulté les institutionnels – au total 41 organismes publics et parapublics – pour connaître les actions en cours dans ce domaine. Souvent bien implantés sur le terrain, ils nous ont fait partager leur retour d’expérience. Nous avons ensuite consulté les organismes de recherche et de formation bas-normands pour avoir une idée précise des compétences locales capables d’aider les entreprises à intégrer ces technologies. À partir de là, nous avons rencontré, au cours d’entretiens individuels, une cinquantaine de chefs d’entreprise. Nous avons, avec eux, passé au crible les 83 technologies clés contenues dans l’étude de la DGE pour dégager les plus importantes… Un vrai travail de fourmis. Au final, 30 technologies clés ont été retenues pour leur potentiel, et présentées au cours de la manifestation du 7 octobre dernier.
Au cours de la réalisation de cette étude, qu’est-ce qui vous a marqué ?
Au cours des entretiens individuels, nous avons amené les chefs d’entreprises à nous parler d’eux. Pousser le dialogue nous a parfois permis de détecter des besoins technologiques que nous n’aurions pas soupçonnés au départ. Nous avons aussi été frappés de voir que beaucoup avaient déjà des projets technologiques restés dans les cartons, par manque de temps ou de moyens. Vu de l’extérieur, on a souvent l’impression qu’une entreprise connaît parfaitement son secteur d’activité. En réalité, un chef d’entreprise passe parfois à côté d’un certain nombre d’informations.
Quelle est la suite donnée à votre étude ?
Dès le départ, la volonté de la DRIRE était que cette étude ait des suites concrètes. Nous allons désormais entrer dans la phase opérationnelle du projet, qui doit servir à mettre face à face les besoins et les compétences. Nous devons développer un argumentaire qui convaincra les industriels à passer à l’action. Nous allons désormais échanger, de façon individuelle, et collective, sur la façon dont ces technologies vont être intégrées. C’est un travail d’affinage, qui va s’opérer jusqu’à ce que les technologies dégagées soient opérationnelles. Il s’agit ainsi de faire goûter les entreprises à ces technologies clés : comment la solution peut s’industrialiser, son coût. Après ce sera à elles de décider. Notre objectif dans cette phase est de toucher le plus de PME. Toutes celles qui souhaitent aujourd’hui participer aux actions peuvent nous rejoindre sur cette phase opérationnelle.

La DRIRE a affiché ses objectifs dès le départ. Si l’étude qu’elle a menée au niveau régional sur les technologies devait constituer une aide à la réflexion pour les acteurs de l’innovation en Basse-Normandie, elle devait aussi déboucher sur des actions concrètes. Les chantiers de travail, qui viennent d’être lancés, doivent désormais sensibiliser les entreprises… et les convaincre d’adopter des systèmes indispensables à leur devenir.

Impossible aujourd’hui de manquer le train de l’innovation… Question de compétitivité ! La technologie, et par extension naturelle, l’innovation, constituent dans le contexte mondial actuel, la clé de voûte du développement économique et de l’emploi. Il est désormais indispensable de pouvoir anticiper les changements portés par le progrès technique, voire de s’en servir pour créer de nouvelles opportunités. Tous les cinq ans (depuis 1995), la Direction Générale des Entreprises réalise une étude prospective d’ampleur nationale, en vue d’identifier les P1010310.jpgtechnologies destinées à prendre de l’importance au sein de l’industrie française dans les années à venir. Objectif visé : constituer une aide à la réflexion pour les acteurs de l’innovation, permettre aux entreprises d’anticiper les évolutions technologiques et définir des stratégies dans ce sens. La dernière en date, ” Technologie Clé 2010 “, parue en 2005, a été menée dans le souci de devenir, à terme, un véritable outil au service du développement économique local. Pour la réaliser, pas moins de 250 technologies ont été passées au crible par une centaine d’experts au niveau national. Au final, 83 d’entre elles ont été retenues. Soit parce qu’elles présentaient un fort potentiel d’évolution et d’impact. Soit parce qu’elles pouvaient être introduites ou développées dans l’industrie au cours des dix années à venir.

Déclinaison régionale

Pour déployer et utiliser le plus efficacement possible les résultats de cette étude nationale, la Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) de Basse-Normandie a décidé de la décliner au niveau local. Objectif : connaître les technologies clés qui pourraient intéresser les PME-PMI régionales, mais aussi les laboratoires, les centres de recherche, etc. ” Il s’agissait aussi de comprendre où en était la Basse-Normandie d’un point de vue technologique : ses points faibles, ses points forts, ses besoins, complète Guy Faoucher, chargé de mission Développement Industriel à la DRIRE et pilote de l’étude. Et de savoir qui sont les demandeurs de technologies dans la région et les offreurs régionaux comme nationaux… “. Une nouvelle étude a donc été menée au niveau local, entre juin 2007 et septembre 2008, par Lymphis, cabinet-conseil spécialisé dans le développement économique par l’innovation technologique (voir notre encadré). Parmi les 83 technologies clés distinguées au plan national, une trentaine d’entre elles ont été mises en exergue pour leur potentiel particulier en Basse-Normandie. ” Nous avons ensuite cherché à savoir lesquelles de ces P1010268.jpgtechnologies clés pouvaient avoir un impact sur les entreprises, le nombre d’emplois ou les filières, et surtout comment les intégrer “, explique le chargé de mission de la DRIRE. A partir de ces résultats, 27 actions ont été proposées pour le déploiement de ces technologies dans les filières industrielles bas-normandes. Elles ont été présentées, le 7 octobre dernier, lors de la Journée régionale de l’innovation, organisée conjointement par la DRIRE et le Conseil Régional de Basse-Normandie. La manifestation a rassemblé pas moins de 250 personnes, dont une majorité de chefs d’entreprise. Regroupées en six chantiers prioritaires, elles doivent désormais faire l’objet d’opérations collectives, mobilisant à la fois les compétences régionales, voire nationales, et les entreprises (voir Les Chantiers). Actés et financés par l’Etat et la Région, ces chantiers vont désormais entrer dans leur phase opérationnelle. Leur mise en œuvre concrète a été confiée au Centre National de Recherche Technologique Matériaux (CNRT Matériaux), désigné comme maître d’œuvre, associé au cabinet Lymphis, assistant maître d’œuvre. L’objectif est désormais d’aller chercher les entreprises, afin de créer des opérations collectives autour de ces chantiers. ” Cela va nous permettre de mener ces actions de façon homogène et d’avoir un regard transversal “, estime Guy Faoucher. Fin 2009, l’ensemble des actions devra avoir été lancée.

Pour en savoir plus : DRIRE
(rubrique ” Développement Industriel “)
Expertise 2010
Technologies clés 2010

Les chantiers

L’étude Technologies Clés 2010 en Basse-Normandie a permis d’identifier les technologies stratégiques pour le développement de l’innovation en région. Sept thèmes prioritaires, regroupés en 6 chantiers, ont été retenus pour le déploiement de ces technologies dans les filières industrielles. Ces chantiers, ou groupe de travail, ont pour objectif de définir et préparer des actions concrètes correspondantes. Elles débuteront fin 2009 et bénéficieront de financements émanant de l’Etat et de la Région. Toute entreprise intéressée par l’un de ces projets peut se rapprocher de la DRIRE afin d’être tenue informée de son état d’avancement et de faire part de son souhait d’y participer.

[Aide à la décision matériaux]

  • Contexte

Il existe une multitude de matériaux, de procédés de mise en forme ou de traitements de surface. Dans ce contexte, il peut s’avérer difficile pour une entreprise de remettre en question la solution qu’elle utilise. Pourtant, ces technologies évoluent constamment et offrent de larges perspectives de développement aux industriels. Le choix ou le remplacement d’un matériau est effectué selon un cahier des charges économique et fonctionnel strict, qui nécessite d’être accompagné par des experts.

  • Filières concernées

Travail des matériaux / Nautique / Plasturgie / Automobile / Nucléaire / Equipements mécaniques / BTP

  • Exemple d’action envisagée

La création d’un guichet unique d’aide à la décision matériaux a été retenue pour soutenir les PME dans leur projet d’innovation. Ce guichet a pour vocation d’informer et d’orienter les entreprises dans leur démarche d’innovation matériaux. Il doit permettre aux PME d’accéder à un réseau d’experts matériaux couvrant de nombreux champs technologiques et ainsi offrir une transversalité essentielle à l’innovation dans ce domaine.

Contact DRIRE
Yves Angella

[Simulation numérique]

  • Contexte

Les outils de modélisation, de conception et de calcul accompagnent étroitement les phases de conception, permettant une réflexion en amont sur les problèmes structurants. Ils offrent des perspectives de développement technologique encore peu exploitées par les PME. Ces technologies recouvrent un champ applicatif très large qui requiert, pour chaque problématique industrielle, des compétences spécifiques détenues par des centres de ressources différents. Les entreprises, même dotées d’un bureau d’études, peuvent rarement rentabiliser les investissements en ressources humaines et en logiciels, nécessaires à l’intégration de ces technologies.

  • Filières concernées

Technologies de l’Information et de la Communication et Electronique / Nautisme / Plasturgie / Automobile / Equipements mécaniques / Nucléaire

  • Exemple d’action envisagée

Il est question de mettre à disposition des entreprises des interlocuteurs spécialisés en simulation numérique, et de leur offrir un accompagnement dans leur projet d’innovation. L’objectif est d’informer les entreprises des possibilités offertes par la simulation numérique, et de fédérer les moyens et les compétences disponibles dans les laboratoires et centres techniques bas-normands.

Contact DRIRE
Lionel Leduc

[Prototypage et fabrication rapide]

  • Contexte

Le prototypage rapide permet de fabriquer un objet directement par ajout de matière, à partir d’un fichier numérique CAO 3D. Il apporte donc de nouvelles possibilités de fabrication et de mise en forme des matériaux en réalisant des pièces sans moule ni matrice. Les industriels sont encore peu nombreux à utiliser cette technologie, qui peut pourtant permettre de réaliser des formes complexes (parfois irréalisables par l’usinage), de détecter des problèmes de conception, de valider la faisabilité d’un projet ou encore d’optimiser les formes et les coûts d’outillage.

  • Filières concernées

Plasturgie / Automobile / Travail des matériaux / Nautique / Nucléaire / Equipements mécaniques

  • Exemple d’action envisagée

Pour développer l’utilisation du prototypage rapide, il est d’abord nécessaire de la faire connaître auprès des entreprises qui disposent des pré requis nécessaires à son utilisation. Il s’agira ensuite d’offrir aux entreprises intéressées les moyens d’effectuer des tests en atelier et de diffuser des informations commerciales (fournisseurs, coûts) facilitant la prise de décision. Il s’agit aussi d’évaluer l’intérêt de créer un hall technologique de démonstrations et préséries.

Contact DRIRE
Marc Litzenburger

[RFID (Radio Frequency Identification)]

  • Contexte

Cette technologie permet d’identifier par radiofréquence et à distance des objets ou des individus par des machines. Les étiquettes RFID (ou ” tag RFID “) répondent aux exigences des industriels en terme de sécurité et de gestion de la traçabilité. L’enjeu principal pour les PME est de gagner en productivité, en optimisant la gestion de leur chaîne logistique, dans le cadre d’une réglementation de plus en plus stricte en matière de traçabilité. La technologie RFID peut se combiner avec des capteurs électroniques, élargissant ainsi son champ d’application.

  • Filières concernées

Logistique / Agroalimentaire / Plasturgie / Automobile / Nucléaire / Equipements mécaniques

  • Exemple d’action envisagée

Il s’agit de réaliser un pré-diagnostic traçabilité ainsi qu’une mise en relation avec les intégrateurs. Les entreprises intéressées bénéficieront d’un accompagnement et de propositions de solutions technologiques.

Contact DRIRE
Lionel Leduc

[Capteurs énergetiques]

  • Contexte

Les contraintes environnementales et les coûts énergétiques obligent les industriels à trouver des solutions immédiates. La mise en place d’actions de réduction des consommations énergétiques, s’inscrivant dans une démarche de développement durable peut être optimisée grâce à une mesure précise des postes de consommation énergétique. Les capteurs énergétiques offrent de nouvelles possibilités dans ce domaine.

  • Filières concernées

TIC et Electronique / Agroalimentaire / Plasturgie / Automobile / Equipements mécaniques / BTP

  • Exemple d’action envisagée

Les entreprises doivent être informées sur les capacités technologiques offertes par les capteurs énergétiques et les applications possibles. Il est nécessaire de les accompagner dans l’intégration des ces technologies, grâce à un pré-diagnostic puis une mise en relation avec les intégrateurs.

Contact DRIRE
Lionel Leduc

[Vision industrielle]

  • Contexte

L’association des technologies de vision industrielle, de contrôle en ligne et d’automatisme confère aux systèmes de production une forte capacité de perception visuelle ainsi que des niveaux de qualité et de précision élevés. Ces technologies ont atteint un niveau de maturité suffisant pour générer des gains de productivité et de compétitivité immédiats.

  • Filières concernées

Agroalimentaire / Plasturgie / Automobile / Equipements mécaniques / Production en grande série / Travail des métaux

  • Exemple d’action envisagée

Les entreprises doivent être informées sur les fonctionnalités offertes par ces technologies et accompagnées dans le choix de la solution adaptée à leurs contraintes. Cette action doit permettre de mettre en relation les entreprises et les intégrateurs spécialisés dans ce domaine.

Contact DRIRE
Muriel Bougeard

Pour plus d’informations sur les Technologies Clés 2010, ou pour participer à l’un des six chantiers mis en place :

Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE)
CITIS – Le Pentacle – Av. de Tsukuba 14209 Hérouville-Saint-Clair
Tél : 02 31 46 50 00

Centre National de Recherche Technologique Matériaux de Basse-Normandie
6 boulevard du Maréchal Juin 14050 Caen cedex 4
Tél : 02 31 45 13 02
Site : CNRT

Lymphis (cabinet-conseil)
7 rue Alfred Kastler
14000 Caen
Tél : 02 31 44 70 69
Site : Lymphis

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