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Recherche : développement de stratégies fédératives

30 06 2010

P14_15_Photo_1.jpgL’union fait la force ! Les scientifiques sont bien placés pour le savoir. Chercheurs haut et bas normands ont donc créé, dernièrement, quatre Fédérations de Recherche. La physique acoustique et la chimie moléculaire ont pris les devants, rejoints depuis peu par les mathématiques, tandis que les matériaux complètent leur équipe.


Qu’est-ce qu’une fédération de Recherche ?|Les quatre fédération de recherche normandes|Un plateau technique pour attirer les regards

Qu’est-ce qu’une fédération de Recherche ?
C’est une structure reconnue par le CNRS regroupant une totalité ou partie des unités de recherche relevant du CNRS ou d’autres organismes en vue de permettre la coordination de leur activité scientifique et la mise en commun de tout ou partie de leurs moyens. Les entités participantes conservent leur individualité propre. Les fédérations sont créées pour quatre ans.

Les quatre fédérations de recherche normandes
IRMA Institution de Recherche sur les Matériaux Avancés dirigé par A Menand.
• GPM (Groupe de Physique des Matériaux à Rouen – Laboratoire CNRS, INSA de Rouen, Université de Rouen)
• CRISMAT (Laboratoire de cristallographie et sciences des matériaux à Caen – Laboratoire CNRS, Ensicaen, Université de Caen Basse-Normandie)
• CIMAP (Centre de Recherche sur les Ions, les Matériaux et la Photonique à Caen- Laboratoire CEA, CNRS, Ensicaen, Université de Caen Basse-Normandie)
INC3M Institut Normand de Chimie Moléculaire, Médicinales et Macromoléculaire dirigé par J. Maddaluno.
• COBRA (Chimie Organique et Bioorganique : Réactivité et Analyse à Rouen - Laboratoire CNRS, INSA de Rouen, Université de Rouen)
• LCMT (Laboratoire de chimie moléculaire et thio-organique à Caen – Laboratoire CNRS, ENSICAEN, Université de Caen Basse-Normandie)
• URCOM (Unité de Recherche en Chimie Organique et Macromoléculaire au Havres)
• CERMN (Centre d’Etudes et de Recherche sur le Médicament de Normandie à Caen)
FANO Fédération Acoustique Nord-Ouest dirigé par J-L Izbicki
• LOMC (Laboratoire d’Ondes et Milieux Complexes au Havres – Laboratoire CNRS, Université du Havre)
• LAUM (Laboratoire d’Acoustique de l’Université du Maine au Mans)
• IEMN (Institut d’électronique de microélectronique et de nanotechnologie à Lille)
FRNM Fédération de Recherche Normandie-Mathématiques dirigé par
G Grancher
• LMRS (Laboratoire de Mathématiques Raphaël Salem à Rouen – Laboratoire CNRS – Université de Rouen)
• LMNO (Laboratoire de Mathématiques Nicolas Oresme à Caen – Laboratoire CNRS, Université de Caen)
• LMAH (Laboratoire de mathématiques appliquées du Havre)
• LMI (Laboratoire de Mathématiques de l’INSA à Rouen)

Un plateau technique pour attirer les regards
La fédération de recherche matériaux, l’IRMA a créé un plateau technique pour permettre aux trois laboratoires qui la composent de partager du matériel et de réaliser des investissements complémentaires. L’achat de deux microscopes électroniques aux propriétés différentes, d’une sonde atomique et d’un FIB (focus ion beam) - appareil permettant de préparer des échantillons à l’échelle atomique - ont été prévus dans les contrats de projet Etat-Région de Haute et Basse-Normandie, signés en 2007. “Dans trois ans, nous aurons doublé la valeur de notre équipement et surtout nous aurons la meilleure capacité d’analyse à l’échelle atomique au niveau mondial.” Cette position leur donnera une visibilité nouvelle et attirera de nombreux chercheurs étrangers. 30 % du temps d’utilisation du matériel sera réservé aux scientifiques venus de l’extérieur. “Le CNRS a mis en place, depuis 2009, un réseau (METSA pour Microscopie Electronique en Transmission et Sonde Atomique) de sept plateformes technologiques de ce type à travers la France. L’idée est que chacun mette à disposition ses appareils les plus performants. En contrepartie, le CNRS et le CEA financent une partie de la maintenance de ces outils.” L’intérêt pour les fédérations est d’accueillir de prestigieuses équipes avec qui elles pourront échanger des résultats de recherche et de mutualiser les coûts d’utilisation.

Les chercheurs ont, ces derniers temps, tendance à se regrouper. “C’est général en France”, confirme Gérard Grancher, directeur de la toute récente fédération normande de mathématiques. Une nécessité pour la plupart des laboratoires. “Les fédérations de Recherche sont souvent le moyen de gagner en visibilité nationale et internationale, de répondre à des appels d’offre en atteignant une taille critique, d’accéder à des financements nationaux ou internationaux, voire de proposer à des industriels un ensemble assez complet de compétences”, explique Frédéric Faure, délégué régional du CNRS. En Basse-Normandie, quatre fédérations (lire encadré) ont vu le jour, en moins de trois ans. La petite dernière a pris le nom de Normandie-Mathématiques. “Nous n’avions pas tous l’habitude de travailler ensemble mais nous réfléchissions, depuis quelque temps déjà, à cette perspective”, convient le directeur de la structure. La mise en place d’un pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) fut l’opportunité de concrétiser ce dessein.

« Les fédérations sont un moyen de gagner en visibilité »

P14-15 Photo 3_1.jpgNous voulions pouvoir présenter un interlocuteur unique au PRES Normandie-Université.” Ce rapprochement leur permettra d’accroître leurs collaborations et de faciliter la circulation des étudiants entre les différents laboratoires. L’occasion également de faire entendre plus pesamment la voix des mathématiques face aux élus. “Nous voudrions, par exemple, figurer dans les contrats de projet Etat-Région”, poursuit Gérard Grancher. Normandie-Mathématiques (110 enseignants-chercheurs, six chercheurs CNRS et une soixantaine de doctorants) a vocation à promouvoir toute initative scientifique conjointe (invitations de mathématiciens étrangers, colloques, séminaires). Comme l’an dernier, une journée a été programmée le 10 juin à Caen. Chaque équipe a présenté une partie de ses travaux. “Y a été également organisée une table ronde sur la manière de vulgariser les mathématiques. C’est une préoccupation que nous avons à cœur au sein de la discipline, notamment pour pallier les défaillances de vocations scientifiques”, précise le directeur.
La fédération de recherche sur les matériaux, créée en 2008 et regroupant le CRISMAT de Caen et le GPM (1) de Rouen complète, elle, son équipe avec l’intégration du CIMAP (2). L’ensemble des forces normandes concernant les matériaux durs est désormais réuni, soit près de 400 personnes. Cette fédération a pour objectif principal de mutualiser des moyens. “La recherche sur les matériaux nécessite, au fur et à mesure de l’avancée des connaissances, du matériel de plus en plus perfectionné et proportionnellement onéreux”, explique Alain Menand, directeur de l’Institut de recherche sur les matériaux avancés (IRMA). L’échelle atomique à laquelle travaillent les chercheurs aujourd’hui exige des instruments aux coûts oscillant entre 1,5 et 3 millions d’euros. Un investissement important auquel s’ajoute des frais de maintenance élevés, ces outils demandant l’intervention d’ingénieurs spécialisés. “Nous avons donc rationalisé les investissements en créant une plateforme technologique (lire encadré)”, poursuit Alain Menand. L’arrivée du CIMAP a par ailleurs permis de conforter la thématique de recherche de l’IRMA sur les matériaux du nucléaire. « Une compétence qui a débouché sur le projet GENESIS comprenant la création d’un laboratoire d’étude des matériaux du nucléaire dans l’enceinte du GANIL. “L’idée serait de faire travailler les trois laboratoires ainsi que l’équipe du CEA de Saclay sur deux axes principaux. Le premier objectif serait de mesurer la possibilité d’utiliser les centrales actuelles en toute sécurité pendant encore 20 ou 30 ans et donc de faire des recherches sur la résistance des matériaux du nucléaire existant. Le second reside dans la conception de matériaux pour ITER (3)”, explique Alain Menand, le directeur de l’IRMA.»

(1) Groupe de Physique des Matériaux.
(2) Centre de Recherche sur les Ions, les Matériaux et la Photonique.
(3) Ce réacteur expérimental thermonucléaire international est un prototype de réacteur nucléaire à fusion actuellement en construction à proximité de Cadarache (France).

Frederic Faure
Délégué régional du CNRS pour la Normandie
Tél. : 02 31 43 45 00

Alain Menand
Directeur de l’IRMA
Tél. : 02 32 95 50 30

Gérard Grancher
Directeur de Normandie-Mathmatiques
Tél. : 02 32 95 52 68

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