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Quatre régions et douze équipes de recherche associées : Le littoral passé au laser

6 07 2008

Mont_St_Michel.jpgFinancé par les régions Haute et Basse-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, Picardie et le CNRS, le Lidar, un laser aéroporté, permet une connaissance fine de la topographie côtière, de Dunkerque au Mont Saint-Michel. Le projet associe 60 chercheurs.

Lidar : mode d’emploi

Lidar : mode d’emploi
franck_Levoy.jpg Le Lidar est une technique de télédétection ” active ” avec émission de lumière. Une partie de la lumière est diffusée ou absorbée par le milieu, l’autre est rétrodiffusée en direction de la source de rayonnement. L’écart en temps entre l’instant d’émission et l’instant de réception du signal est représentatif de la distance parcourue par ce dernier. Il est embarqué à bord d’un petit avion au vol lent dont la position est contrôlée précisément par GPS au sol. Le Lidar émet un faisceau laser à fréquence qui va balayer le sol sur une largeur de 700 mètres pour un vol à 1000 mètres. Le degré de précision de la mesure laser est de l’ordre de cinq centimètres sur un sol nu. Le taux typique de couverture en zone côtière se situe à 30-40 km2 par heure.

CLAREC pour Contrôle par Laser Aéroporté des Risques Environnementaux Côtiers. Initié début 2005 par le laboratoire de Morphodynamique Continentale et Côtière (M2C Laboratoire CNRS, UCBN) de l’université de Caen, le projet est sur le point d’aboutir. “Début 2009, nous serons en mesure de procéder aux premières mesures”, se réjouit le professeurfranck_Levoy.jpg Franck Levoy, directeur du Centre de Recherches en Environnement Côtier et pilote du projet.

Le cœur de celui-ci repose sur l’acquisition d’un matériel de très haute technologie : le Lidar, un laser aéroporté qui va scanner le littoral pour en déterminer précisément le relief. Si son usage est largement répandu aux Etats-Unis et au Canada, notamment pour le tracé des futures autoroutes, il était encore inexistant en France il y a un an, et seuls deux équipements (un privé, un IGN) sont aujourd’hui en service. Le 3e Lidar français sera caennais et dédié à la recherche scientifique.
Quatre régions (Haute et Basse-Normandie, Nord-Pas-de-Calais et Picardie) se sont associées pour financer l’achat d’un tel équipement, destiné à l’observation de toute la façade maritime Manche et Mer du Nord. Une caméra numérique a très haute résolution est associée au laser pour effectuer des photos aériennes. Coût total : 1 150 000 euros, pris en charge par les quatre régions (250 000 € chacune) et le CNRS. Les résultats de l’appel d’offres sont attendus fin juin et les premiers tests pourront avoir lieu dès la fin de cette année.

Un milieu très évolutif

” Le Lidar intéresse les chercheurs en géographie, géoscience, biologie, météorologie, climatologie et même en instrumentation physique, précise Franck Levoy. Les techniques actuelles ne permettent pas d’établir des calculs sur une surface suffisamment large et sont difficiles à mettre en œuvre sur le littoral. “ Comment, par exemple, restituer de manière fine les kilomètres d’estran qui constituent la baie du Mont Saint-Michel, source d’information pourtant indispensable à l’heure des grands travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont ? L’enjeu est d’autant plus grand que le littoral est un milieu très évolutif et que ces transformations sont au cœur des problématiques actuelles de réchauffement climatique.

Le Lidar sera utilisé au cours d’une centaine d’heures de vol par an. Ces résultats sont attendus par douze équipes de recherche issues des quatre régions (1), soit une soixantaine de chercheurs, regroupés au sein d’un Groupement d’Intérêt Scientifique piloté par l’université de Caen. Le budget de fonctionnement annuel est estimé à 100 000 €, alimenté par le contrat de plan Etat-Région 2007-2013, des partenaires extérieurs (Conservatoire du Littoral, GIP Seine-Aval…) et des programmes de recherche (ANR, INTERREG,…). Le CNRS ouvre au concours externe 2008 un poste d’ingénieur chef de projet ; une équipe d’ingénieurs et de techniciens se constitue. Tout est prêt pour l’arrivée du Lidar.

(1) Intechmer Cherbourg, M2C, CIMAP, GEOPHEN, GEOSYSCOM, PE2M-IFREMER, CREC, Universités de Rouen, Amiens (départements de géologie), Dunkerque (océanologie et géoscience), Lille (géoscience), Station marine de Wimereux et de Luc-sur-mer.

CLAREC
Franck Levoy, directeur du CREC, pilote du projet
Tél. : 02 31 56 57 44
Mél : franck.levoy@unicaen.fr

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