Connexions Normandie, le portail des acteurs du développement en normandie

Imprimez cet article

Pôle Polymers Technologies / De la matière grise plein les plastiques

6 12 2007

Le centre de recherche scientifique de l’ISPA, à Alençon, a vu le jour en 1996 pour offrir aux entreprises une plate-forme dédiée à leurs problématiques industrielles.

Polymers Technologies s’impose comme un réseau opportun pour faire émerger les innovations dans le secteur à fort enjeu de la plasturgie. Dans la région normande, les ressources ne manquent pas, notamment pour donner naissance à des matériaux de nouvelle génération.

1000 emplois créés chaque année | CIP: innovations au quotidien

Plateforme de Mézidon-Canon : Le projet à l’étude
Le pôle Polymers Technologies regroupe des acteurs de la plasturgie, sur un territoire qui va de la Haute-Normandie aux Pays de la Loire, via la Basse-Normandie et le Centre. Cette zone géographique est l’une des plus dynamiques en France dans ce domaine. Elle abrite plus de 500 entreprises et 48.000 salariés : fabricants de matières premières, transformateurs, moulistes… « La plasturgie est en pleine expansion. Sur le territoire du pôle Polymers, il se crée actuellement 1000 emplois chaque année », illustre Patrick Borg, président du pôle. Dans ce réseau, la Basse-Normandie est dynamique en matière de R&D. Pour les travaux au service des entreprises, on soulignera notamment le rôle joué par le centre derecherche de l’ISPA (Alençon) et par le Laboratoire de chimie moléculaire et thioorganique (LCMT) dirigé par Patrick Metzner à l’ENSICAEN.

CIP: innovations au quotidien
Depuis bientôt 20 ans, CIP, fondée par trois « transfuges » de Moulinex, conçoit et produit des pièces en plastique novatrices, pour une quarantaine d’industriels, dans ses 3500 m2 de locaux à Argences, près de Caen.
« Après le déclin de Moulinex - notre principal client les premières années - et de l’automobile à la fin des années 90, nous avons rebondi en diversifiant nos marchés et en jouant la carte de l’originalité. C’était pour nous la meilleure façon de résister face à la fuite de notre métier vers les pays à bas coûts », relate Alain Lloze, à la tête d’une entreprise qui emploie aujourd’hui 40 personnes.Depuis l’arrivée en 2001 de Sébastien Cord’homme, responsable du développement technique, le duo mise sur sa capacité à mettre en œuvre pour ses clients des solutions novatrices, quel que soit le secteur d’activité. De la pêche à l’aérospatiale en passant par l’électroménager, l’automobile, le paramédical (en forte progression), « le mouton à cinq pattes ne nous fait pas peur », assure Sébastien Cord’homme. Le défi, au contraire, les stimule. Exemples : cette pièce pour l’A380 qui permet d’évacuer les eaux usées à 10 000 mètres d’altitude sans qu’elles ne gèlent, ou encore cette tige permettant de nettoyer les endoscopes, qui a nécessité la conception et la programmation d’une machine spécifique… Les prestations proposées par CIP impliquent une connaissance des polymères très pointue. « Il arrive parfois qu’on fasse appel à l’ISPA d’Alençon, précise Alain Lloze, mais nous comptons essentiellement sur nos propres ressources afin d’être le plus réactif possible face aux demandes des clients ». La PME affiche actuellement un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros.

On ne va pas rester sur une déconvenue. Bien qu’il n’ait pas été labellisé « pôle de compétitivité » par l’Etat (1), le pôle « Polymers Technologies » n’en reste pas moins un réseau aujourd’hui bien réel et bien actif. Combinaison d’entreprises, de centres de formation et d’unités de recherche (une centaine d’acteurs) engagés dans des projets communs, il a tissé sa toile. « Il est né il y a trois ans, d’une mobilisation sans précédent d’acteurs présents sur l’ensemble de la filière plasturgie (de la conception au produit fini) implantés sur quatre régions : Haute et Basse-Normandie, Centre et Pays de Loire », retrace Patrick Borg. Directeur-adjoint du centre de recherche Arkema, (Serquigny, dans l’Eure), celui qui assume la présidence de l’association du pôle ne désarme pas. « La labellisation « pôle de compétitivité » est certes importante, et nous espérons bien la décrocher l’an prochain(2). Mais une chose est sûre : toute cette démarche a enclenché une dynamique de réseau qu’il faut maintenant poursuivre ». En d’autres termes, « Polymers Technologies » n’attendra pas béatement que son dossier fasse l’unanimité en haut lieu. « Aujourd’hui, nous nous orientons vers une stratégie de recentrage géographique, regroupant les acteurs normands (Basse et Haute-Normandie) de la plasturgie. »

Les acteurs du pôle Polymers TechnologiesL’idée défendue par les instances dirigeantes du pôle est de créer une cellule d’animation à l’échelle normande. «L’un des objectifs sera de faciliter l’accès des PME à des ressources scientifiques, pour leur permettre de concrétiser leurs idées d’innovation ». Il en est sûr : « en Normandie, beaucoup de petites entreprises débordent d’idées (lire l’encadré p 6). La plasturgie est aujourd’hui un secteur clé et extrêmement dynamique dans notre région ».
En matière d’enjeu économique, le plastique n’est pas « toc », en effet. Après les ères du fer, du cuivre et de l’aluminium, les polymères ont pris le pouvoir dans le monde des matériaux. Le plastique est aujourd’hui présent dans toutes les filières, de la cosmétique à l’agroalimentaire, de l’aéronautique au bâtiment. Plus qu’hier, et pourtant moins que demain… « Aujourd’hui, dans tous les domaines, on cherche à réduire les poids, à gagner en résistance, ce qui conduit à remplacer le verre et le métal par de nouveaux matériaux », illustre Patrick Borg. Les polymères remplissent ce cahier des charges. On conçoit des plastiques résistants aux températures extrêmes ou conducteurs d’électricité.
La quête actuelle, pleine d’enjeux, porte sur la valeur ajoutée environnementale. Sur ces nouveaux champs d’investigation, les ressources régionales sont bien réelles. Aux côtés de grandes entreprises comme Arkema ou Acome (Mortain), des unités de recherche se penchent sur la mise au point de plastiques verts. Le pôle Polymers Technologies s’est justement créé sur trois axes de développement majeurs liés à l’environnement.
D’abord l’éco-conception, qui consiste à prendre en compte la dimension écologique d’un produit tout au long de son cycle de vie, jusqu’à sa destruction. Ensuite, la mise au point de bio-polymères, permettant notamment de favoriser la biodégradabilité. Enfin, le développement de plastiques hautes propriétés, destinés à remplacer l’acier et l’aluminium.

Au sein d’un noyau dur d’une centaine d’acteurs (entreprises, centres de formation, labos) qui gravitent dans le pôle Polymers Technologies, des unités de recherche phares se distinguent et jouent pleinement la carte des projets collaboratifs avec les entreprises (voir carte p 5). Ouvrir les laboratoires aux entreprises « Aujourd’hui, les laboratoires sont demandeurs d’un maillage bien structuré pour faciliter ces rapprochements avec les industriels ». Modèle du genre, le centre de recherche scientifique de l’ISPA, à Alençon, a vu le jour en 1996 pour offrir aux entreprises une plate-forme dédiée à leurs problématiques industrielles (lire en page 7).

« Aujourd’hui, les laboratoires sont demandeurs d’un maillage bien structuré pour faciliter ces rapprochements avec les industriels. »Consacrée aux acteurs économiques, la structure a clairement pour vocation de booster leur compétitivité, en plus de faire émerger de nouvelles filières dans le domaine des plastiques.
Bois-polymères ou plastiques à base de… farine de blé. Derrière chaque projet se cachent des applications concrètes. A l’ENSICAEN, le Laboratoire de chimie moléculaire et thioorganique (LCMT) dirigé par Patrick Metzner est une référence pour ses travaux sur l’élaboration et la caractérisation de nouveaux systèmes de polymères. On peut également citer quelques orientations comme la valorisation de polymères naturels, la synthèse de matériaux soufrés, la modification des propriétés de surface ou l’élaboration de membranes sélectives…
Avec tant d’atouts, le réseau peut espérer activer des connexions fructueuses. Patrick Borg voit large. « En créant une cellule d’animation normande, nous voulons aussi faire émerger des projets interrégionaux, voire de dimension nationale ». C’est pourquoi Polymers Technologies a également lancé un groupe de coordination chargé du rapprochement avec d’autres pôles de compétitivité comme Mov’éo (automobile), Cosmetic Valley (Haute-Normandie et Centre) ou Plastipolis (Rhône-Alpes, Franche-Comté).

(1) « Recalé » en juillet dernier, le dossier de labellisation du pôle devrait être rééxaminé à l’automne 2008.
(2) L’équipe avait encore rendez-vous cet automne Polymères Technologies

Patrick Borg.
Tél. 02 32 46 69 49
Mél. patrick.borg@arkemagroup.com

Recevoir cet article au format PDF PDF | PDF Creator | PDF Converter
Mentions légales | © Synergia 2007 | Conception APRIM | Réalisation CH1