Partenariat compétitif sur l’agroalimentaire
21 05 2008
La Basse-Normandie rejoint Valorial, le Pôle de compétitivité agroalimentaire breton. Gros plan sur un partenariat tout entier orienté sur l’émergence et le cofinancement public de grands projets collaboratifs innovants.Les acteurs de l’agroalimentaire n’échappent pas à la règle : sans innovation, point de salut. Or, un récent diagnostic stratégique, initié par la Région Basse-Normandie, a montré que les PME bas-normandes de ce secteur ont besoin d’être soutenues pour être mieux à même de s’adapter aux nouvelles tendances de leur marché et innover.
Le relais de Valorial en Basse-Normandie | ANEA : un trait d’union légitime avec les entreprises | 3 questions à Xavier Drouet
Le relais de Valorial en Basse-Normandie
Outre la Région Basse-Normandie, porteuse du partenariat, le relais auprès des entreprises, se fera par un délégué territorial. C’est lui qui sera chargé d’aller à la rencontre des entreprises en Basse-Normandie, et de faciliter le montage des projets notamment avec l’ADRIA.
ANEA : un trait d’union légitime avec les entreprises
Ça bouge pour la filière agroalimentaire. Dans le même mouvement que le rapprochement avec Valorial, la Basse-Normandie se dote d’une association représentative des entreprises du secteur. Par définition, les industries agroalimentaires bas-normandes sont les mieux placées pour se prononcer sur les grands dossiers – financiers, réglementaires… – qui intéressent directement leur filière. La constitution en janvier dernier de l’Association normande des entreprises alimentaires (ANEA) permet désormais à la Région et aux instances régionales de disposer d’un interlocuteur représentatif des professionnels. Après deux mois de création, plus de 40 entreprises, de la TPE au grand groupe, ont déjà adhéré à l’association. ” Au total, une soixantaine d’entreprises nous ont témoigné leur intérêt “, précise Bertrand Declomesnil, président de l’association et gérant de l’entreprise Declomesnil, spécialisée dans la découpe et le conditionnement de viande de porcs. ” Nous sommes fédérés dans un esprit non-marchand, au service des intérêts collectifs et non particuliers. La promotion de Valorial et l’incitation à agir collectivement pour trouver des réponses à une problématique R&D vont dans ce sens “. En lien avec l’ADRIA et d’autres organismes de R&D régionaux, l’ANEA* constitue aujourd’hui un partenaire tout désigné pour être le référent professionnel bas-normand au sein du Pôle de compétitivité breton. La commission Recherche et Développement de l’association constitue, également, un tremplin idéal pour faire circuler l’information entre Valorial et les entreprises.
Les temps changent.
Longtemps cantonnées dans leur pré carré, un nombre croissant d’entreprises agroalimentaires bas-normandes font désormais montre d’une volonté d’ouverture et de travail en complémentarité. La logique des adhérents de l’ANEA vis-à-vis du pôle de compétitivité breton est la même. Comme le résume Bertrand Declomesnil : “Même si l’agroalimentaire constitue le premier pourvoyeur d’emplois de la région, la Basse-Normandie ne sera jamais à elle seule Pôle de compétitivité. Nous avons néanmoins toute notre place au sein d’un pôle. La politique de la présence, plutôt que celle de la chaise vide, va de soi.”
* Dans d’autres régions, il s’agit d’ARIA (association régionale des IAA)
Connexions : ANEA – Association Normande des Entreprises Alimentaires | Christiane Audic, secrétaire générale | Agropôle Normandie – 6 rue des Roquemonts – 14053 Caen Cedex 4 | Tél. : 02 31 47 22 09
3 questions à Xavier Drouet
Directeur délégué à la Recherche et l’Innovation de la Région de Basse-Normandie
“Une communauté d’intérêts entre nos régions ”
Vous êtes l’un des premiers artisans du rapprochement de la Basse-Normandie avec Valorial. Quel est l’esprit de ce rapprochement ?
Ce partenariat fait suite au diagnostic stratégique mené par le service des Mutations Economiques en 2007 sur la filière agroalimentaire en Basse-Normandie. La réalisation de cet état des lieux des forces et des faiblesses a permis l’identification des enjeux stratégiques pour la mise en place d’un plan d’actions en accord avec les industriels et les partenaires. Plutôt que de consacrer du temps, de l’énergie et de l’argent pour développer les ponts entre entreprises et recherche, il nous est apparu plus pertinent de se rapprocher du pôle de compétitivité voisin. En 2007, Valorial s’était déjà ouvert aux Pays de la Loire. Sur le même modèle, la Basse-Normandie a choisi d’être partenaire et de jouer collectif. Il existe une véritable communauté d’intérêts entre nos régions.
Comment le partenariat se traduit-il dans les faits ?
En ce qui concerne la gouvernance, la Région Basse-Normandie est invitée à l’assemblée générale de VALORIAL. À l’assemblée générale du 10 avril 2008, il a été décidé à l’unanimité que la Région Basse-Normandie ainsi qu’un représentant bas-normands des IAA (Industries Agro Alimentaires) et un acteur bas-normand de la Recherche seront invités au Conseil d’Administration. Un représentant bas-normand devrait également siéger au sein de la Commission de labellisation des projets et la Région Basse-Normandie sera représentée au Comité des financeurs. Aujourd’hui, notre travail est de relayer l’information auprès des entreprises de la région afin de les encourager à s’impliquer sur des projets R&D au sein du pôle de compétitivité.
A moyen terme, peut-on envisager d’aller plus loin dans le rapprochement ; pourquoi pas vers un pôle inter-régional à l’image de Mov’éo ?
Pour l’heure, l’objectif fixé à ce rapprochement est d’apporter un élan supplémentaire aux industries agroalimentaires bas-normandes. Plus elles seront nombreuses à adhérer, plus les projets incluant la Basse-Normandie seront nombreux, et plus notre région sera présente au sein du pôle. Avançons étape par étape. Si l’évolution à l’échelle inter-régionale peut constituer une hypothèse, elle n’en reste pas moins prématurée pour le moment. Apprenons déjà à travailler ensemble. Xavier Drouet – Directeur délégué à la Recherche et l’Innovation. Région Basse-Normandie. Tél. : 02 31 06 95 16
L’agroalimentaire a beau être la première filière bas-normande en termes d’emplois, la région reine des produits laitiers ne possède pas la taille critique pour prétendre à la mise en place d’un pôle de compétitivité sur son sol et faire bénéficier ses entreprises de la dynamique d’entraînement des pôles. La Bretagne, si. Première région agricole française, elle est aussi la première région exportatrice d’Europe pour l’agroalimentaire. Le pôle de compétitivité breton dédié à l’aliment de demain et baptisé Valorial repose ainsi sur un potentiel de 332 entreprises (700 établissements), 70 000 emplois, 600 chercheurs, un réseau dense de centres de recherche et un panel important de formations. Après seulement deux années d’activité, Valorial affiche déjà 86 projets collaboratifs labellisés. Un résultat qui positionne clairement le pôle breton comme l’un des leaders parmi la dizaine d’autres pôles sur ce secteur à travers l’Hexagone. “Il est à noter que ces 86 projets concernent surtout des PME, souligne Michel Pinel, le directeur de Valorial. Les PME ont rapidement compris que le pôle peut leur permettre de gagner la bataille de la compétitivité en jouant collectif.” Tout en gardant confidentiels les contenus des projets.
Critère de qualité
Les entreprises adhérentes peuvent ainsi développer des synergies avec des centres de recherche, des organismes de
formation, et trouver des solutions appliquées à leurs problématiques R&D. Financements à la clé. La labellisation des projets par les comités d’experts du pôle constitue en effet un préalable aux cofinancements publics complémentaires affectés aux pôles. Autant de raisons, doublées d’une réelle volonté politique de travail en commun de part et d’autre, pour lesquelles la Région Basse-Normandie a créé les conditions d’un rapprochement avec le pôle breton.
C’est officiellement chose faite depuis le 4 mars dernier avec la signature d’une convention de partenariat entre Valorial et la Basse-Normandie. “Tout l’objet de ce rapprochement est clairement de permettre à des projets collaboratifs bretons d’impliquer des acteurs bas-normands”, rappelle Marie-Pierre Delamare, responsable des Pôles de Compétitivité au sein du Service Mutations Economiques de la Région Basse-Normandie, qu’il s’agisse de laboratoires ou d’entreprises. Pour nous, le label Pôle de compétitivité constitue un véritable critère de qualité. Les financements sont facilités pour les projets labellisés. Chaque année, trois appels à projets du FUI (Fonds Unique Interministériel) sont ainsi lancés. Ils ne sont ouverts qu’aux projets labellisés.(1)
” Un élément de ressourcement et d’amélioration “
Au-delà des dispositifs d’accompagnement, l’effet d’entraînement du pôle fonctionne aussi par l’émulation qui en émane. Toute bas-normande qu’elle est, l’Adria Normandie est adhérent de la première heure de Valorial. “En tant que structure privée, nous avons tout de suite voulu nous inscrire dans cette dynamique, explique son directeur Jean-Claude Ingouf. Etre confronté à ce qui se fait de mieux dans une région voisine constitue aussi un élément de ressourcement et d’amélioration. C’est forcément motivant.” Avec déjà trois projets labellisés dans le domaine de la sécurité alimentaire portés en tant que structure privée, l’Adria Normandie s’est rapidement affranchie des frontières régionales et ouvre la voie pour d’autres acteurs bas-normands. Les structures bas-normandes, laboratoires ou entreprises adhérentes, tel l’Adria Normandie, pourront
ainsi bénéficier de financements publics grâce à la labellisation des projets par Valorial. Des fonds et la forme.“La démarche est pragmatique, rappelle Jean-Claude Ingouf. Les compétences recherche sont toujours placées dans un objectif d’innovation. Pragmatique aussi dans l’ingénierie de projets. Les comités d’experts chargés des évaluations sont de très haut niveau. La notion de labellisation prend tout son sens à travers l’échange avec les experts. Valorial joue un rôle de facilitateur évident”.En toute confidentialité pour les projets, bien sûr. Bretonnes ou bas-normandes, qu’importe les frontières, la concurrence reste de mise entre les entreprises de l’agroalimentaire. Sur ce chapitre, Valorial a fait la preuve depuis deux ans de sa capacité à tirer les projets vers le haut tout en leur assurant une stricte confidentialité.
Nouvelle stratégie pour 2009
Dans les faits, la Région Basse-Normandie s’appuiera sur l’Adria en tant qu’interlocuteur technique et l’Association normande des entreprises agroalimentaires (lire encadré ci-contre) en tant que référent industriel et relais vers les entreprises. Là encore, le pragmatisme est de mise. L’arrivée de la Basse-Normandie dans le sillage du pôle, précédée l’an dernier par les Pays de la Loire, correspond aussi à un tournant dans l’évolution de la structure bretonne. “Nous sommes aujourd’hui reconnus et l’on peut considérer que la phase de création est réussie, observe Michel Pinel. Nous entrons à présent dans la phase d’extension, de développement à l’ouest et à l’international. Le but est d’utiliser Valorial comme une marque collective qui porte l’excellence du savoir-faire des entreprises adhérentes de l’Ouest partout dans le monde. Le cofinancement par les trois régions nous confère un impact d’autant plus important pour l’émergence de grands projets stratégiques au sein de la filière agroalimentaire de l’Ouest”.
Quid alors de l’identité du pôle ? Une dimension ouvertement inter-régionale est-elle d’actualité ? Deux ans après la labellisation des 71 pôles de compétitivité de l’Hexagone, l’Etat a commencé à procéder aux audits d’évaluation. Premiers concernés : les pôles bretons, Valorial en tête ; avec le renouvellement du label d’ici la fin de l’année. Un nouvel accord cadre et de nouvelles orientations stratégiques seront alors fixées au pôle à compter de 2009. “A partir de là, l’Etat serait susceptible d’étendre le territoire légitime du pôle à l’ouest, résume le directeur. Notre stratégie va déjà dans ce sens. Avec la Bretagne, la Basse-Normandie et les Pays de la Loire réunis, nous deviendrions le bassin agroalimentaire leader en Europe”.
(1) Des cofinancements sont également possibles concernant les projets portés par des centres de recherche et l’Agence Nationale de la Recherche ainsi que pour les projets industriels privés portés par l’OSEO et les collectivités locales.
Pour tout savoir sur l’agroalimentaire:
Site : Valorial (missions, labellisations, adhésion)
ANEA : Christiane AUDIC, Secrétaire générale Tél. : 06 62 03 45 54 (site internet en cours)
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A RETENIR
En toutes lettres Valorial : VALOrisation pour la Recherche et l’Innovation ALimentaire.
Depuis sa création, Valorial a labellisé 83 projets, sur un total de 102 présentés en comité de labellisation. A fin 2007, ces projets labellisés représentaient un investissement total de 66,7 millions d’euros, soit un budget moyen par projet de 800 K€. 58 projets avaient par ailleurs obtenu un accord de financement des pouvoirs publics (Etat, Europe, collectivités territoriales et OSEO). La phrase “Vu l’éventail de ses missions, Valorial a délibérément fait le choix de s’associer aux acteurs compétents et légitimes existants sur le territoire.” Michel Houdebine, président de Valorial. Le trinôme Le Pôle de compétitivité porté par la Bretagne est d’envergure nationale. Une convention de partenariat a été signée avec la Région Pays de la Loire en 2007. Celle de la Basse-Normandie a été approuvée en Commission permanente du Conseil régional le 14 décembre dernier et officiellement signée le 4 mars 2008. Ensemble, les trois régions constituent le premier bassin agroalimentaire d’Europe avec un chiffre d’affaires égal à celui de Danone et Coca Cola réunis au niveau mondial.
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Service des Mutations Economiques de la Région Basse-Normandie Pôle Valorial Adria Normandie Site : Adria Normandie
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