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Nucléaire : vers un pôle d’excellence régional

5 05 2009

EPR_CREDIT_EDF_MEDIATHEQU.jpgIndustrie, recherche, médecine, formations… Deux études récentes – l’une de la DRIRE, l’autre du CESR – mettent en évidence le potentiel de la Basse-Normandie dans le domaine du nucléaire et préconisent une fédération de ses acteurs au sein d’un pôle d’excellence.


La recherche fédère déjà | Nucléaire : 3 grands projets nationaux en Basse-Normandie | Relais d’sciences > Un rôle à jouer | à retenir

La recherche fédère déjà
Guerreau.jpgLa volonté affichée de créer un pôle d’excellence du nucléaire en Basse-Normandie vise à la fois à fédérer les acteurs de cette filière et à créer des synergies entre eux. ” Il faut mettre en relation les laboratoires et les industriels, en particulier les PME. Mais de ce point de vue, on ne part pas de zéro : il existe déjà des connexions entre les acteurs de la filière “, observe Daniel Guerreau.
La recherche a déjà créé des passerelles avec les secteurs de l’industrie, de la médecine et de la formation. Acteur de la recherche fondamentale, le GANIL consacre aussi un certain nombre d’heures du faisceau d’ions aux industriels. ” Quertech a ainsi développé un procédé de durcissement de GALES.jpgl’aluminium en utilisant les ions du GANIL “, note Sydney Gales. La jeune entreprise s’est ainsi ouvert un marché dans les secteurs de la plasturgie, de l’aéronautique et de l’automobile.
De son côté, Cyceron développe aussi des partenariats avec les entreprises. Une unité du fabricant de médicaments radiopharmaceutiques Cyclopharma va s’installer prochainement sur le campus Jules Horowitz aux côtés de la plateforme biomédicale. Ce partenariat vise aux développements de produits radiopharmaceutiques, notamment dans le cadre du diagnostic de la maladie d’Alzheimer. D’autres exemples pourraient encore être cités. Comme le laboratoire de physique corpusculaire (LPC Laboratoire CNRS, ENSICAEN, Université de Caen Basse-Normandie) qui a développé un dosimètre MAZOYER.jpgscintillant pour la radiothérapie, en partenariat avec la société Eldim à Hérouville… Parallèlement, les acteurs de la recherche sont aussi largement impliqués dans les filières de formation liées au nucléaire. Exemple avec Cyceron, qui accueille depuis février dernier, des étudiants en Master professionnel de Neurosciences et d’Imagerie de la santé à l’UCBN. ” Cyceron a accepté d’ouvrir sa plateforme à 8 groupes de quatre étudiants pendant 4 semaines, précise Bernard Mazoyer. Ils vont passer par les différents postes de la plateforme. Cela va leur permettre une formation en directe, différente d’un traditionnel TP… ” Caen et sa région doivent réfléchir à ” un projet architectural d’urbanisation scientifique sur le plateau Caen Nord, regroupant Cyceron, Archade, la future restructuration de AGOSTINI.jpgl’UFR de médecine de l’UCBN associée aux écoles paramédicales (infirmière-manipulateurs) et l’UFR de Sciences pharmaceutiques de l’UCBN, révèle Denis Agostini. La région doit être à l’origine de la création d’une ” école du nucléaire ” unissant tous les métiers du nucléaire et en favorisant les passerelles entre professionnels de la santé, de l’ingénierie et l’université Caen-Basse Normandie en France. C’est l’idée même de la ” LMDisation ” de certains professionnels de la santé. On a tout pour faire quelque chose d’original en Basse-Normandie “. Enfin, l’ENSICAEN et l’UCBN appuient de longue date leur offre de formation sur leurs laboratoires communs (CIMAP, CRISMAT, GREYC, LPC…). Pour Daniel Guerreau, la Basse-Normandie est dans ” un contexte de liens forts entre la formation et la recherche. Des liens importants dans le cadre d’un futur pôle d’excellence “.
Daniel Guerreau/Directeur de l’ENSICAEN
Tél : 02.31.45.27.95
Site : ENSICAEN
Sydney Gales/Directeur du GANIL
Tél : 02.31.45.45.61
Site : GANIL
Bernard Mazoyer/Directeur de Cyceron
Tél : 02.31.47.02.71
Site : Cyceron
Denis Agostini/Médecine nucléaire UCBN et CHU Caen
02.31.06.32.46
Site : CHU

Nucléaire : 3 grands projets nationaux en Basse-Normandie
carte_basse_normandie.jpgl’EPR de Flamanville
Le site de Flamanville a été choisi en juin 2004 pour accueillir le premier EPR (Evolutionnary Power Reactor) de France. Un projet d’un montant total de 4 milliards d’euros. Ce réacteur de ” troisième génération ” repose sur la même technologie que les réacteurs à eaux pressurisées, avec des améliorations apportées à la sécurité et au rendement énergétique. Sa mise en service est prévue en 2012. Le site emploiera, à terme, 300 personnes, ainsi que 150 salariés issus d’entreprises prestataires.
Spiral 2
” Spiral 2 sera une évolution technique, un saut très fort, prévient Sydney Gales, directeur du GANIL. Ce projet s’inscrit dans la continuité de nos activités pour rester dans la course scientifique et demeurer parmi les meilleures installations au monde “. Avec la future installation SPIRAL 2 (Système de production d’ions radioactifs accélérés en ligne), le GANIL disposera d’une nouvelle source de neutrons encore peu accessibles. L’installation, qui aura nécessité 136 millions d’euros d’investissement, devrait ainsi attirer les meilleurs physiciens sur le plan de la recherche fondamentale. Sa mise en service est prévue en 2012.
ARCHADE
Ce centre européen de ressources en hadronthérapie – une nouvelle forme de radiothérapie plus efficace et plus précise dans le traitement de certains cancers – devrait naître près du GANIL à l’horizon 2013. Le projet, mené en partenariat avec le groupe belge IBA (spécialisé dans la conception, la production, et la commercialisation d’accélérateurs utilisés en protonthérapie) prévoit notamment la construction et l’exploitation d’un cyclotron dernière génération, dans l’optique de développer les recherches et de fournir des services adaptés aux acteurs de l’hadronthérapie en Europe.

Relais d’sciences > Un rôle à jouer
DOSSEUR.jpgCentre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle (CCSTI), Relais d’sciences s’applique, depuis son ouverture en 1998, à diffuser la culture scientifique et à en favoriser la compréhension par le public. Relais d’sciences aurait indéniablement un rôle à jouer dans le cadre d’un pôle d’excellence nucléaire en Basse-Normandie. Mais attention, ” si la filière du nucléaire se positionne sur un pôle d’excellence, elle devra créer un département communication pour délivrer son propre message vis-à-vis du grand public, prévient Bruno Dosseur, son directeur. En tant que médiateur scientifique, notre travail est d’aborder les sujets sans parti pris “. Relais d’sciences accompagne déjà depuis plusieurs années les acteurs de la filière nucléaire (EDF, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, l’Ecole des Applications Militaires à l’Energie Atomique de Cherbourg, GANIL, CYCERON, ENSICAEN, etc.) qui souhaitent entrer en contact avec le public. La manière d’aborder ces sujets a évolué. ” Nous sommes passés ces dernières années d’un mode de vulgarisation de l’information à un mode de dialogue Sciences-Société, constate Bruno Dosseur. Nous ne sommes plus sur un outil unique qui donne une réponse une fois pour toutes, mais dans un contexte de rencontre et dans un rapport d’équivalence “. Suite au rapport du CESR, Relais d’sciences devrait mettre au point, pour son cycle d’activités 2011-2013, un programme de propositions relatif à la filière nucléaire, en l’abordant dans le cadre d’une large démarche culturelle. ” On peut aborder la question du nucléaire par de multiples portes d’entrée qui parlent au public “. En utilisant l’imaginaire collectif par exemple, en observant le nucléaire et l’atome par le prisme de l’infiniment petit, la réalité virtuelle, ou le temps à l’échelle de l’humanité. ” De ce point de vue, la Basse-Normandie pourrait aussi développer une excellence régionale, car ce type d’approche n’existe pas en France “.
Site : Relais d’sciences

à retenir
La filière nucléaire en Basse-Normandie, c’est :
L’Industrie, avec :
• 4 grands donneurs d’ordre : AREVA, EDF, DCNS, GANIL
• 54 entreprises sous-traitantes – 650 millions d’euros de C.A
• Des associations et groupements d’entreprises : AISCO (Association Inter Entreprises des Sous Traitants du Cotentin), SOTRABAN ( Association des Sous-Traitants de Basse-Normandie), l’APAVE, le Club Sécurité du Cotentin, etc.
La Recherche, avec :
• Les laboratoires de recherche tels que le Ganil, Le CIMAP (Centre de Recherche sur les Ions, les Matériaux et la Photonique), le LPC (Laboratoire de Physique Corpusculaire), le CRISMAt (Laboratoire de Cristallographie et Sciences des Matériaux), le LARIA (Laboratoire d’Accueil en Radiobiologie avec les Ions Accélérés), CI-NAPS (Centre d’imagerie-neurosciences et applications aux pathologies), GREYC (Groupe de recherche en informatique, image, automatique et instrumentation de Caen), GRECAN (Groupe régional de recherche sur le cancer), LUSAC (Laboratoire universitaire des sciences appliquées de Cherbourg) etc.
• Les plateformes d’imagerie biomédicales : Cyceron, CI-NAPS, GRECAN, etc.
La Médecine Nucléaire, avec :
• Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Caen :
Le service de médecine nucléaire est notamment équipé d’un TEP-SCAN et de 3 gamma-caméras. Il a réalisé en 2007, 8 000 examens dont 2 200 en scintigraphie cardiaque, 2 000 scintigraphies pulmonaires.
• Le Centre de Lutte contre le Cancer François Baclesse, qui réalise par an : 2 378 irradiations externes, 228 curiethérapies, 5 800 scintigraphies, 9 416 scanners, 1 657 IRM…
Le TEPscanner basé au CHU permet la réalisation de 2 000 examens de cancérologie par an (1 000 pour le CAC et 1 000 pour le CHU).
Une filière de formation dédiée, avec :
• l’ENSICAEN : une formation Génie et Instrumentation Nucléaire
• l’Université de Caen Basse-Normandie :
- Licence Professionnelle Gestion de la production industrielle, Maintenance en milieu nucléaire (Cherbourg UFR Sciences ; partenaire : lycée Alexis de Tocqueville) ;
- Master Physiques (UFR Sciences) spécialité Recherche ” nouveaux états de la matière ” (cohabilitation ENSICAEN) et spécialité Professionnelle ” contrôle de l’environnement industriel ” ;
- Etudes médicales : diplôme d’études spécialisées Médecine nucléaire (UFR de Médecine),
Diplôme d’Université : radioprotection au cours des actes médicaux (UFR de médecine).
• l’Ecole d’Ingénieurs de Cherbourg de l’UCBN
• l’Ecole des Applications Militaires de l’Energie Atomique de Cherbourg
• l’antenne de l’Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires de Cherbourg
• Centre AFPA de Cherbourg

” Aujourd’hui, on peut parler plus sereinement du nucléaire, en évoquant par exemple ses applications médicales “, constate Jacques Pain, chargé de Mission Développement Industriel au sein de la subdivision Manche de la Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) de Basse-Normandie.
La vision des années 70, qui consistait à résumer le nucléaire à l’usine de retraitement de déchets de la Hague ou à la centrale de Flamanville, a cédé la place à un regard plus large sur le sujet. Pourquoi ? Les mentalités ont changé et le contexte mondial aussi. Raréfaction des ressources naturelles, recherche d’énergies renouvelables ne générant pas – ou peu – de gaz à effet de serre, ” on assiste à une relance durable du nucléaire civil dans le monde, constate Jean Callewaert, vice-président, secrétaire du Conseil Economique et Social Régional (CESR) de Basse-Normandie. Et le nucléaire, ce n’est pas que l’énergie, c’est aussi la santé, la recherche, la formation. Et la région possède de nombreux atouts dans ces domaines “.
La DRIRE et le CESR ont ainsi mené, conjointement et de façon complémentaires, deux études relatives au nucléaire en Basse-Normandie. Objectif : disposer d’un état des lieux et déterminer les atouts de la région dans ce domaine. L’analyse de la DRIRE, parue en septembre 2008, s’est d’abord attachée à son volet industriel. ” L’objectif de cette étude était, au-delà des grands donneurs d’ordre,  de pouvoir observer de plus près les entreprises sous-traitantes, et d’en connaître la spécificité “, résume Jacques Pain.

10 000 emplois directs

L’implantation de l’usine de retraitement des déchets d’Areva (alors ” Cogema “) sur le site de la Hague dans les années 70, puis la construction des deux premiers réacteurs de la centrale de Flamanville dix ans plus tard ont durablement marqué l’industrie régionale. 63 % des entreprises sous-traitantes se sont créées dans le sillage de ces grands chantiers. Les quatre plus grands donneurs d’ordre (AREVA-NC, EDF, DCNS et GANIL) emploient à eux seuls plus de 4 000 salariés. Mais les 54 entreprises sous-traitantes du secteur – c’est-à-dire disposant d’un savoir-faire spécifique lié au nucléaire – génèrent aussi 5 700 emplois et un chiffre d’affaires de 650 millions d’euros.
La filièimagerie_cardiaque_TEP_.jpgre nucléaire emploie ainsi en Basse-Normandie près de 10 000 salariés directs. Soit autant que l’industrie automobile, ou que le secteur des TIC. Elle est ” aussi forte que les secteurs phares de Basse-Normandie “, appuie Jean Callewaert, rapporteur de l’étude du CESR. Et à ces chiffres viennent encore s’ajouter 800 chercheurs, enseignants chercheurs, ingénieurs et techniciens et quelque 150 doctorants… Car comme le montre l’étude du CESR, qui a passé en revue les différents domaines d’application du nucléaire (énergie, recherche, applications médicales et biomédicales), la région dispose aussi d’un potentiel scientifique important. Le GANIL (Laboratoire CEA, CNRS) en est évidemment une figure emblématique. Le Grand Accélérateur National d’Ions Lourds, a, depuis sa mise en service en 1983, contribué aux recherches de la communauté scientifique en physique nucléaire, et permis d’élargir les connaissances disponibles sur la structure du noyau de l’atome. ” Sur le plan de la recherche, le GANIL compte parmi les quatre plus grands laboratoires mondiaux, rappelle Sydney Gales, son directeur. 6 à 700 chercheurs viennent chaque année réaliser ici des recherches pouvant aller d’une semaine à un mois “. Et avec le projet SPIRAL 2 – accélérateur linéaire supraconducteur aux faisceaux d’ions parmi les plus intenses au monde (cf. encadré) – le GANIL devrait encore ouvrir de nouveaux horizons à la physique et à l’astrophysique nucléaires ainsi qu’à l’étude des matériaux sous irradiation pour les domaines du médical et de l’énergie…

Des plateformes de recherches uniques en France

Dans le sillage du GANIL, d’autres laboratoires de recherche se sont créés en Basse-Normandie. C’est le cas, par exemple, de Cyceron. La plateforme d’imagerie médicale concentre ses activités de recherche sur l’investigation des maladies du système nerveux et des cancers en mettant en œuvre la Tomographie par Emissions de Positons (TEP) et l’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM). ” A ses débuts, Cyceron était une équipe de 20 personnes, rappelle Bernard Mazoyer, son directeur. Aujourd’hui, le laboratoire a triplé de surface et 200 personnes y travaillent “. Parallèlement, Cyceron héberge 10 équipes CI-NAPS, le Centre d’Imagerie Neurosciences et d’Applications aux Pathologies (Laboratoire CEA, CNRS, UCBN, INSERM Paris Descartes), qui mènent, entre autres, des travaux de développement de radio-pharmaceutiques.Dossier_GANIL.jpg
Cyceron est ainsi devenu un centre de recherche unique en France ” dans la mesure où sur la même plateforme, on dispose de tous les outils pour étudier depuis la molécule jusqu’à l’homme malade “. Parmi ses partenaires, Cyceron compte le Centre de lutte contre le cancer François Baclesse, et le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Caen. Deux établissements de soins référents en cancérologie. Le service de médecine nucléaire du CHU permet la réalisation de scintigraphies (injection de produits radio-actifs et imagerie dans la foulée) en cancérologie, neurologie et cardiologie. Le CHU s’est associé, en 2008, avec le centre François Baclesse pour l’achat d’un TEP-scanner permettant la réalisation des examens en cancérologie. ” Avec la TEP-scanner de Cyceron dédiée à la neurologie et à la cardiologie, la Basse-Normandie dispose ainsi de deux caméras TEP parmi les plus performantes en France “, souligne Denis Agostini, professeur de biophysique et médecine nucléaire.

Des besoins de formation importants

” IRM, scintigraphies, scanners : le domaine de l’imagerie médicale explose. Il y a un vrai besoin de personnels formés, sur le plan national et international “, prévient le médecin. Idem dans l’industrie. ” Les besoins de formation du nucléaire sont importants, constate Daniel Guerreau, directeur de l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Caen (ENSICAEN) et responsable de la commission Enseignement supérieur et recherche au CESR. Actuellement, 300 ingénieurs sont formés chaque année, alors qu’il en faudrait au moins 1200 pour faire face aux besoins du secteur… “.
La Région Basse-Normandie n’a pas attendu pour mettre en place – aux côtés de formations plus généralistes – des filières spécifiquement dédiées au nucléaire pour répondre aux besoins des entreprises. L’UFR Sciences de l’Université de Caen Basse-Normandie propose, par exemple, une licence professionnelle ” Maintenance en milieu nucléaire “, dispensée au lycée de Tocqueville de Cherbourg, qui vise à former des cadres intermédiaires capables d’organiser, concevoir et conduire des opérations de maintenance en milieu nucléaire (lire l’ensemble des formations en page 13). De son côté, l’ENSICAEN propose, au sein de la spécialité Electronique et Physique Appliquée, un diplôme en ” Génie nucléaire et instrumentation “. A la rentrée prochaine, la formation sera revue. ” La partie Génie nucléaire sera dissociée de la partie Instrumentation, afin de pouvoir augmenter l’offre de formation disponible et d’en approfondir les contenus “, explique Daniel Guerreau. Parallèlement, l’ ENSICAEN a participé à la réflexion lancée depuis plus d’un an visant à déterminer les besoins en personnel et en formations de haut niveau dans le domaine du nucléaire, qui a abouti au rapport du Haut Commissaire à l’Energie Atomique, Bernard Bigot.
Celui-ci a validé la création d’un pôle Grand Ouest, constitué par les établissements d’enseignement supérieur et de recherche bas-normands (ENSICAEN et Université de Caen Basse-Normandie), et nantais (Ecole des Mines et Université). Parallèlement, d’autres projets voient le jour. Comme celui de l’Ecole d’Ingénieurs de Cherbourg, baptisé ” SUP’NUC 2009 “, porté par l’Université de Caen Basse-Normandie, qui ambitionne de développer une filière de formation d’ingénieurs ” Opérations nucléaires ” spécialement préparés pour l’industrie du nucléaire. Le dossier a été déposé, fin 2008, auprès de la Commission des Titres d’Ingénieurs. Une réflexion, menée par l’UCBN (l’UFR de médecine), le GANIL, Cyceron et l’ENSICAEN, est également en cours ” pour la mise en place d’un Master sur les métiers du nucléaire de dimension européenne, souligne Denis Agostini, 1er assesseur du doyen (Pr Jean-Louis Gérard) de l’UFR de médecine. Une réflexion est aussi menée avec la DRASS sur un partenariat avec l’INSTN de Saclay pour accueillir plus de radiophysiciens français sur les sites du CHU, CLCC F. Baclesse, Cycéron et projet Archade : 42 radiophysiciens sont nommés annuellement, alors qu’il en faudrait deux fois plus, mais les sites de stage associant médecine nucléaire, radiologie et radiothérapie sont trop peu nombreux “.

” Un potentiel extraordinaire “

Industries de pointe et projets d’ampleur nationale, centres de recherche, établissements de soins, filières de formation dédiées… ” La Basse-Normandie dispose d’un potentiel extraordinaire dans le domaine nucléaire “, constate Daniel Guerreau. L’étude réalisée par la DRIRE a fait apparaître trois enjeux majeurs pour le développement des entreprises du nucléaire en région. Elle considère qu’il faut notamment valoriser et développer les savoir-faire de la filière nucléaire. ” Et aller au-delà, pour arriver à ce que les acteurs du nucléaire en Basse-Normandie portent ensemble leur image à l’extérieur “, estime Jacques Pain. Les conclusions du rapport du CESR vont dans le même sens. ” La région dispose de tous les éléments pour constituer un pôle d’excellence reposant sur le triptyque Industrie – Formation – Recherche réunissant tous les secteurs d’activités concernés. Tous les ingrédients sont présents ; il suffit d’apporter une cohérence globale “. Une cohésion qui devrait permettre, à terme, ” de répondre aux appels d’offre de demain “, estime Jean Callewaert.
Reste désormais à rassembler et fédérer les acteurs du nucléaire, pour faire reconnaître et valoriser cette filière à l’extérieur.

Jacques Pain
Chargé de mission développement industriel DRIRE
Tél : 02.33.57.66.68
Site : DRIRE

Jean Callewaert
Rapporteur, Vice-président, Secrétaire du CESR
Philippe Hugo
Chargé de mission au CESR
Tél : 02 31 06 96 11
Site : CESR Basse-Normandie

Pour en savoir plus sur l’étude sectorielle de la filière nucléaire en Basse-Normandie réalisée par la DRIRE : www.basse-normandie.drire.gouv.fr
Pour consulter l’avis et le rapport complet du CESR, ” Le nucléaire pour l’énergie et la santé : vers un pôle d’excellence en Basse-Normandie ” : http://www.cesr-basse-normandie.fr/publications/185199.html

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