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Les neurones en ébullition

5 05 2009

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Passionnée du cerveau, ses découvertes ont fait avancer les études sur les accidents vasculaires cérébraux. Chercheuse dans l’âme, Myriam Bernaudin s’attache à ne jamais trop s’éloigner des besoins de la médecine.


Cyceron comme attraction

Cyceron comme attraction
Jeune bachelière, passionnée par le cerveau, Myriam Bernaudin quitte Paris pour s’installer à Caen. « Je savais que je pouvais y trouver un bon enseignement en biologie. Puis Cyceron commençait déjà à se faire connaître. » Un Master avec une spécialité neuroscience à peine ouvert, elle l’intègre, en même temps que Cyceron, où elle effectue son stage de DEA, puis sa thèse. C’est là, qu’elle fait sa découverte en 1999, sur le rôle de l’EPO dans l’AVC. C’est également ce laboratoire qui lui permettra, avec l’arrivée, en 2005, de l’IRM et en 2007, d’une caméra micro-TEP, de valider des stratégies thérapeutiques concernant non seulement les AVC mais aussi les tumeurs cérébrales.

Comprendre le pourquoi du comment, mais surtout le comment ? Comment les choses fonctionnent. L’essence de la recherche. Fille de médecin, Myriam Bernaudin, Chargée de recherche CNRS, préfère la recherche fondamentale à l’application. Moins stressante estime-t-elle. « Je ne me voyais pas avoir la responsabilité de vie humaine. » Tout au moins pas directement. Mais de la recherche aux applications, la marche est petite. Très petite même. Car pour Myriam, pas de recherches sans propositions de stratégies thérapeutiques. C’est d’ailleurs, ce qui fait la particularité de CERVOxy, l’équipe qu’elle dirige depuis 2008 au sein du CI-NAPS (Centre d’imagerie – neurosciences et applications aux pathologies – Laboratoire CEA, CNRS, UCBN, Université Paris Descartes). Et ce n’est pas sans frustration, qu’elle verra sa découverte sur l’EPO, publiée en 1999, première européenne et seconde mondiale, boudée par les neurologues français pendant quelque temps. « Nous avions découvert, avec le docteur Petit, qui dirigeait ma thèse à l’époque, que l’EPO ou érythropoïétine était neuro-protectrice en cas d’ischémie cérébrale, un type d’accident vasculaire cérébral (AVC) par arrêt de l’influx sanguin.»
Une révolution ! Mais la profession n’y croyait pas vraiment. « La science venait tout juste de découvrir que cette molécule était également synthétisée par le cerveau. » Il leur était déjà suffisamment difficile d’admettre que l’EPO pouvait avoir un autre rôle que la production de globules rouges. Et pourtant, outre les cyclistes, les patients, sujets d’AVC , pourraient bien lui trouver également de nombreux attraits. Les Allemands ont, les premiers, tenté les essais cliniques en 2002. « Il a fallu que la découverte, conjointe avec des Japonais, soit confirmée par de nombreuses équipes. Soit cinq ans pour initier le passage des travaux fondamentaux à l’application. » Un délai un peu long pour Myriam.

Les réponses du cerveau

Entre temps, elle a continué à étudier les réponses adaptatives du cerveau au manque d’oxygène. Un sujet qu’elle a fait sien au fil du temps. Partie aux Etats-Unis dans le cadre de son post-doc, elle y a étudié, via des puces ADN, les gènes mis en cause lors d’AVC. Reçue au concours du CNRS, elle rentrera au bout de 18 mois. Elle est intégrée à Cyceron en 2001 et planche immédiatement sur la neuro-régénération, c’est-à-dire la production de nouveaux neurones après l’ischémie (1). Un sujet dans l’air du temps. « On venait juste de démontrer la présence de cellules souches dans le cerveau adulte ainsi que leur plasticité. » Réactive, comme pour l’EPO, Myriam Bernaudin rebondit sur cette découverte. Elle tente de démontrer que, les cellules souches adultes, présentes dans la moelle osseuse, pourraient se différencier en neurones dans le cerveau. « Administrées par intraveineuse, elles pourraient favoriser le processus de régénération », explique-t-elle. Elle reste fidèle à son objectif de recherche : aboutir à des propositions de stratégies thérapeutiques. « J’ai d’ailleurs intégré trois médecins du CHU de Caen dans mon équipe ». Une obstination et des résultats qui seront couronnés en 2008 par une médaille de Bronze du CNRS. Un encouragement à poursuivre ses recherches. Une reconnaissance de sa spécialité.

(1) Accident vasculaire cérébral par arrêt de l’influx sanguin parfois appelé « attaque cérébrale »

Myriam Bernaudin
Responsable de CERVOxy – CI-NAPS
Tél. : 02 31 47 01 03
Sites : Ci Naps
Site : Cyceron

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