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La région à l’heure de la compétitivité numérique

17 10 2007

L’offre de services à valeur ajoutée sur les zones d’activités figure au 3éme rang des critères d’implantation des entreprisesÀ l’heure du tout numérique, la prise en compte des TIC dans l’aménagement des zones d’activités est un facteur d’attractivité et de développement économique important pour les collectivités. D’un territoire à l’autre, les stratégies diffèrent. La région Basse-Normandie a opté pour le concept de « zones numériques multiservices».

Basse- Normandie : les zones numériques multiservices

Basse- Normandie : les zones numériques multiservices
Anticipant les orientations actuelles de l’État et de l’ARCEP(1) sur l’équipement des zones d’activités économiques, la Région Basse-Normandie a engagé dès 2004 une démarche « zones d’activités numérisées ». Objectif : développer les nouvelles technologies de l’information pour attirer les entreprises sur son territoire, berceau du Pôle Transactions Électroniques Sécurisées. Dans le cadre de ses schémas régionaux de développement économique (SRDE) et de développement et d’aménagement du territoire (SRADT), un programme d’actions a été établi pour la période 2007-2013. « Il s’agit de développer les usages de services numériques dont ont besoin les entreprises bas-normandes », commente Pierre Mouraret, vice-président en charge de l’aménagement du territoire, des transports et des communications. Les zones numériques multiservices comprendront un accès à une offre concurrentielle télécoms très haut débit, des équipements TIC mutualisés, une plateforme régionale, des services TIC innovants, ainsi qu’un dispositif de gouvernance locale pour mener un projet de développement durale en lien avec les politiques locales de développement économique et la stratégie marketing et de commercialisation de la zone. Le programme comprend deux axes majeurs :
• le renforcement de la qualité des zones qui concernera à terme, au moins 20 projets de création, d’extension ou de requalification.
• la polarisation sur quelques zones d’activités d’envergure nationale ou internationale avec un accompagnement da

ns la mise en place d’une offre de très haut niveau (cadre de travail, services et équipements)
Un dispositif de labellisation de ces zones a également été prévu. Il sera assortie d’un accompagnement méthodologique, technique et financier par la Région et ses partenaires. Le projet représente un investissement 22 millions d’euros sur sept ans, dont 7 Millions d’euros par le FEDER.

(1) Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes.

Elles représentent 1% du territoire et concentrentla moitié des PME… « Le marché des zones d’activité est très concurrentiel avec une pléthore d’offres sur un territoire parfois très restreint, observe Olivier Jonas, directeur de Tec- Dev, cabinet de conseil en développement numériqueauprès des collectivités. Selon une étude de la Direction régionale de l’équipement, la Basse-Normandie compte pour sa part plus de 500 zones d’activités. « En 2003, un quart de leur surface n’était pas commercialisé », poursuit l’expert. En cause : une concurrence entre les territoires, un manque de zones dédiées, un déficit de coordination ainsi qu’une inadéquation de l’offre de services sur ces zones.

D’une logique de territoire à une stratégie marketing

Olivier Jonas, directeur du cabinet TecDev: “Passer d’une logique d’équipement du territoire à une approche marketing”. L’aménagement d’une zone nécessite aujourd’hui de bien positionner son “produit”, poursuit Olivier Jonas. Il faut passer d’une logique d’équipement du territoire à une approche marketing ».

Rendre une zone concurrentielle ne s’improvise pas. « Une cohérence des zones doit tout d’abord être établie à l’échelle du territoire : département, région… Les zones doivent ensuite se différencier, que ce soit par la spécificité de leurs offres (équipements, services mutualisés communs ou à la carte, animation…), la mise en place d’une labellisation, la valorisation des ressources locales et une certaine capacité à évoluer selon les besoins et le développement des entreprises ». Car l’objectif n’est pas seulement d’attirer les entreprises, mais aussi de les inciter à rester.

En Pro

vence Alpes Côte d’Azur par exemple, où le nomadisme des entreprises en phase de croissance s’amplifie, le Conseilgénéral des Bouches-du-Rhône a mis en place un programme innovant de développement des services numériques pour « fixer » les entreprises sur ses zones d’activités. Dans le cadre du programme ZATIC, financé par des fonds publics et privés, de jeunes animateurs ont été formés pour accompagner, sur huit zones d’activités, les entreprises dans l’utilisation de ces services.

Avec leur offre multiple de services informatiques et télécoms, les parcs d’activités SILIC, premier gestionnaire privé de parc d’affaires en Ile-de-France font aussi figure de référence. La plateforme Digiport mise en place par la communauté urbaine de Lille-Métropole propose quant à elle une vingtained’experts qui accompagnent les entre

prises dans leurs projets TIC. Pour renforcer l’image de ses zones d’activités, la Région Bretagne a mis en place un label Qualiparc autour d’une démarche Haute Qualité Environnementale. « Les stratégies diffèrent d’un territoire à l’autre, souligne Olivier Jonas, les modes de financements aussi ».

Technopole Izarbel : retour d’expérience

Manuel de Laran directeur de l’Agence Pays Basque NTIC: “une plateforme de services numériques mutualisée”Au coeur du Pays basque, la communauté d’agglomération de Bayonne-Anglet-Biarritz (110 000 habitants) fait du développement des nouvelles technologies un axe majeur. Depuis 1999, c’est une association, l’Agence Pays Basque des NTIC (aNTIC) qui mène à bien sa politique en la matière. Au coeur du parc technologique Izarbel, l’aNTIC réunit les décideurs politiques et institutionnels ainsi que les

principaux acteurs de l’enseignement supérieur, des PME/PMI et du transfert technologique autour d’un projet de territoire : « Pays basque Numérique ». Dans le cadre de cette démarche collective de développement du territoire, l’aNTIC s’est repositionnée en tant qu’opérateur au service des acteurs du projet.
« Nous sommes sur une agglomération attractive, explique Manuel de Lara, son directeur ; éloignée éloignée des centres de décision mais à un carrefour stratégique, notamment depuis l’ouverture des frontières. Face au géant Saint-Sébastien, nous avons décidé d’être partenaire plutôt que de nous battre ». Ces dernières années, le développement des TPE et l’essor du tourisme sont parvenus à compenser une importante vague de destruction de l’emploi industriel entre 2000 et 2004. « L’informatisation des TPE était un de nos axes prioritaires, indique Manuel de Lara. Les TPE génèrent beaucoup de taxe professionnelle, il s’agit donc de les aider à développer l’usage des no

uvelles technologies, l’un des moteurs de la croissance et de l’emploi ». Dans une logique d’innovation, la communauté d’agglomération Bayonne-Anglet-Biarritz a mis en place une plateforme mutualisée de services numériques pour favoriser l’usage des TIC par les professionnels.

Située sur la technopole Izarbel à Bidart (Pyrénées Atlantiques), la plateforme « Aditu », opérationnelle depuis juin 2005, offre un ensemble de services compétitifs pour l’hébergement, la gestion et la diffusion des données. Avec une disponibilité garantie et un haut niveau de sécurité, l’hébergement de sites Web, notamment pour l’e-commerce, constitue l’une des premières missions d’Aditu. La disponibilité de très hauts-débits – en gigabit- sur l’ensemble de l’agglomération, qui bénéficie par ailleurs d’un dégroupage total de la boucle locale, permet aujourd’hui la sauvegarde en ligne d’importants volumes de stockage (3 To). Cette plateforme, d’un montant de 1,2 million d’euros subventionné à hauteur de 66% par la communauté d’agglomération, compte aujourd’hui plus de 70

clients, dont 50 installés en Aquitaine.

Gilles Robert, PDG de Gage Interactive : ” La mutualisation des services numériques permettrait aux PME de récupérer leur retard à moindre coût”La mutualisation des services numériques est-elle la clé du développement de l’usage des TIC par les professionnel?
Gilles Robert, PDG de Gage Interactive, spécialisée dans la recherche et le développement d’e-business à Caen, y voit en tout cas de nombreux avantages. « Aujourd’hui, seulement 6% des PME disposent d’un site de vente en ligne, indiquet- il. De manière générale, la mise en place d’un projet TIC représente un certain nombre de contraintes(charges supplémentaires, mise en place d’une équipe…) qui peuvent dans certains cas fragiliser l’équilibre de l’entreprise». Selon lui, la mutualisation des services numériques présente plusieurs avantages pour les PME : un accès aux nouvelles technologies plus facile et moins cher, des usages multiples (sauvegarde des données, vente en ligne…) pour l’entreprise comme pour ses salariés qui « peuvent aussi utiliser Internet pour leur tâche d’intendance sans avoir à s’absenter de leur lieu de travail. Cela génère aussi des gains de productivité ». Finalement, « la mise en place d’une plateforme de services numériques mutualisés permettrait aux PME de récupérer leur retard à moindre coût, sans avoir à supporter un engagement trop important ».

Alain Kendirgi, directeur de la SHEMA : “Une solution IP Centrex”

Localement, des solutions existent, comme en témoigne Alain Kendirgi, directeur de la SHEMA (Société hérouvillaise d’économie mixte et d’aménagement), qui réalise pour le compte des entreprises et des collectivités des projets immobiliers clé-en main. « Sans commune mesure avec la plateforme Aditu », tempère d’emblée Alain Kendirgi, la SHEMA propose désormais des solutions numériques à travers la mise en place d’un système IP Centrex. Un projet-pilote a été mené avec la Maison des Entreprises et des Territoires d’Argentan. Il permet aujourd’hui aux entreprises d’accéder à différents services comme Internet très haut débit, la téléphonie sur IP, avec une sécurité, la garantie de continuité du service, ainsi que la mutualisation et l’optimisation des coûts de communication… Conséquence incontournable : la configuration et l’administration d’un VLAN(1) sécurisé par entreprise, or « ce n’est plus notre métier, souligne Alain Kendirgi. Il nous faut maintenant un opérateur, une structure qu’elle soit mixte, publique ou privée, mais il est temps pour nous de passer le relais ». La SHEMA étudie d’ores et déjà des solutions en vue de proposer des applications professionnelles partagées sur ces plateformes et de se rapprocher des offres de la communauté d’agglomération de Bayonne- Anglet-Biarritz.

(1) Réseau virtuel.

Olivier Jonas, TecDev
17, rue du Noisiel, 77340 Pontault-Combault
Tél. : 01 64 43 60 95
tecdev@tecdev.fr
www.tecdev.fr

Manuel de Lara, ANTIC
Pavillon Izarbel, Technopole Côte Basque, 64210 Bidart.
Tél. : 05 59 41 53 94 -
contact@antic-paysbasque.com

Gilles Robert, Gage Interactive
8, rue du Commodore Hallet, 14000 Caen
Tél. : 02 31 34 02 58 -
info@gage.fr

Alain Kendirgi, SHEMA
13, avenue de Cambridge, 14200 Hérouville St-Clair
Tél. : 02 31 46 91 40 -
contact@saemshema.com

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