L’excellence sur un Plateau
28 06 2011
A Caen, le Plateau Nord, situé entre le périphérique nord et la commune d’Épron, offre un environnement favorable à l’épanouissement de projets ambitieux et innovants, à la fois dans la recherche, l’industrie et la formation. Un écosystème effervescent qui apporte à l’agglomération un capital unique ainsi qu’un potentiel de développement, de notoriété et d’attractivité de classe mondiale.
Plateau Nord : « un pôle à conforter »|Des investissements d’avenir sur le Plateau Nord|Le Plateau Nord regroupe des compétences que l’on ne trouve nulle part ailleurs en France
Plateau Nord : « un pôle à conforter »
De nombreux textes de collectivités locales le mentionnent et veulent le renforcer : le Plateau Nord est promu à un bel avenir. Dans la convention signée, fin 2009, entre la Région Basse-Normandie, la Communauté d’agglomération Caen la mer et la Ville de Caen, intitulée « Caen : capitale régionale », le Plateau Nord est clairement ciblé dans la partie consacrée au rayonnement scientifique : « le Plateau Nord doit être renforcé comme pôle d’excellence scientifique, universitaire et d’entreprises, spécialisé dans la recherche et le biomédical. A travers son Université, ses centres de recherche et de développement, l’agglomération caennaise a su intégrer des pôles de dimension nationale, voire européenne, tels que le GANIL (Spiral2) ou Cycéron, par exemple, qui font de Caen un des fleurons de la recherche sur le rayonnement au service de la santé. De même, la présence du CHU et du Centre François Baclesse renforcent le sens stratégique du Plateau Nord. » De même, dans son projet « Pour une agglomération capitale », Caen la mer affirme sa volonté de « conforter le Plateau Nord (création d’un parc scientifique et technologique), pôle d’excellence scientifique, universitaire et d’entreprises, spécialisé dans le domaine de la physique nucléaire et du bio-médical et accélérer le développement du secteur « santé environnementale. » Plus récemment, dans sa contribution à la future ligne à grande vitesse Paris-Caen- Basse Normandie, l’Agence d’Urbanisme de Caen-Métropole (Aucame) indique que le projet ferroviaire peut « donner un argument décisif à la candidature française pour l’implantation d’EURISOL sur le plateau nord de Caen, à proximité de l’actuel GANIL tout en accroissant les synergies avec le plateau de Saclay. » Incontournable Plateau Nord !
Des investissements d’avenir sur le Plateau Nord
Le programme gouvernemental « Investissements d’avenir » (1), dans ses versions « Equipex » et « Labex », a retenu trois projets. Ils se situent tous sur le Plateau Nord. La Basse-Normandie et l’agglomération caennaise peuvent avoir le sourire. Les « Investissements d’avenir » (ex Grand Emprunt) viennent de mettre à l’honneur le Plateau Nord. D’une part, l’appel à projets Équipements d’excellence (Equipex) a retenu deux projets : S3 (Super Séparateur Spectromètre), un équipement présenté par le GANIL destiné à permettre une pleine exploitation de SPIRAL 2, l’extension majeure du GANIL en cours de construction ainsi que REC-HADRON (RECherche fondamentale et appliquée en HADRONthérapie), coordonné par Cycéron et destiné à préparer la mise en place des expériences auprès du futur centre européen de recherche en Hadronthérapie, ARCHADE, en cours de finalisation à Caen. D’autre part, l’appel à projets Laboratoires d’excellence (« Labex ») a également labellisé le projet EMC3 (Energy Materials and Clean Combustion Center), porté par le CNRS développé par 6 laboratoires normands (lire ci-contre). Né de la volonté commune des établissements et organismes partenaires (CNRS / ENSICAEN / Universités de Caen, de Rouen et du Havre / INSA de Rouen / CEA), d’une recherche de pointe en chimie, matériaux et énergie regroupant 4 laboratoires bas-normands liés au Plateau Nord (CIMAP, CRISMAT, LCMT, LCS) et 2 haut-normands (CORIA, GPM), le projet portera sur trois thématiques : matériaux pour l’énergie, combustion propre et instrumentation, diagnostics optiques et lasers avancés.
(1) Piloté par le Commissariat général à l’investissement, le Programme « investissements d’avenir », ce sont 35 milliards d’euros, dont 22 milliards d’euros destinés à l’enseignement supérieur et à la recherche.
Le Plateau Nord regroupe des compétences que l’on ne trouve nulle part ailleurs en France
Le terreau du Plateau Nord a favorisé le développement d’un réseau d’échange d’énergie favorable à l’épanouissement de la recherche, de l’industrie et de la formation autour du GANIL, de l’Université de Caen Basse-Normandie, de l’ENSICAEN, du CNRS, de Cycéron et du CHU de Caen.
Tous les Bas-Normands connaissent l’imposant immeuble du CHU de Caen. Peu, en revanche, savent que le Plateau Nord, où il est localisé, recèle un ensemble de laboratoires de recherche, d’équipes de renommée internationale et d’équipements scientifiques uniques dans des domaines aussi divers que l’industrie pharmaceutique, la recherche sur le cancer, l’imagerie médicale, la physique de l’infiniment petit, les matériaux ou encore les neurosciences. « Cette vaste zone regroupe un ensemble extrêmement dynamique qui associe les trois piliers d’un campus technologique : la formation, la recherche et l’innovation (voir carte), souligne Josette Travert, présidente de l’Université de Caen Basse-Normandie (UCBN). Ce terreau propice a favorisé au fil du temps le développement de recherches reconnues au niveau international mais aussi l’émergence d’entreprises de pointe et il est le vecteur de retombées économiques très importantes pour le territoire. » Son poids se traduit en publications scientifiques, emplois qualifiés, brevets, valeur ajoutée, sous-traitance, mais également en essaimage et création d’entreprises. « Les savoir-faire et les compétences techniques développés sur le Plateau Nord sont parfois plus connus à l’étranger qu’à Caen », regrette-t-elle. Depuis les années 70, le Plateau Nord a bénéficié de locomotives pour atteindre l’excellence. « Le potentiel saute aux yeux. Le GANIL a joué le jeu », aime à rappeler Sydney Gales, directeur du GANIL (Grand Accélérateur National d’Ions Lourds / Laboratoire CEA-CNRS), l’un des fleurons du site. En trente ans, l‘équipement a atteint une renommée internationale, et permis l’éclosion de deux « branches » depuis sa création : le CIMAP et Cycéron.» Dans un contexte de compétition internationale, le GANIL est au bon endroit pour tirer son épingle du jeu. « Cela ne fait aucun doute », assure son directeur. Côté formation, le Plateau dispose aussi d’un fort potentiel (11 000 étudiants). En son sein, l’ENSICAEN est la plus grande école d’ingénieur de Basse-Normandie avec 700 élèves et un centre de recherche de 7 laboratoires.
Le Plateau Nord pour conquérir l’Europe
Plus près du périphérique, la zone d’activité Mont-Coco a vu naître l’aventure caennaise de la recherche sur les semi-conducteurs avec Philips (devenu ensuite NXP) ainsi que les premiers pas des Transactions Électroniques Sécurisée (TES). Des entreprises de pointe viennent d’ailleurs de s’y implanter. Pour conquérir l’Europe, l’Américain Presto Engineering a ainsi choisi le Plateau Nord pour y installer son premier hub européen, spécialisé dans les services d’industrialisation de semi-conducteurs (tests électriques, de fiabilité et d’analyse de défaillance). « Après une année passée ici, notre choix s’avère être une réussite, lance Michel Villemain, fondateur de Presto Engineering et président directeur général de Presto Engineering Europe. La société a déjà tissé des liens très forts avec le CRISMAT (laboratoire CNRS, ENSICAEN, Université de Caen Basse- Normandie). » En venant à Caen, l’entreprise s’est rapprochée d’un marché et d’un client. « Notre choix s’est naturellement porté sur le laboratoire QAS (Quality & Analytical Services) de NXP pour trois raisons : les compétences existantes, le support local de Synergia et la volonté de l’agglomération Caen la mer et de la Région Basse-Normandie de préserver sa culture de la micro-électronique. » Un peu plus loin, aux côtés du GANIL, sera construit le bâtiment destiné au projet ARCHADE (Advanced Resource Centre for Hadrontherapy in Europe) sur le Campus Jules Horowitz. Ce grand projet de recherche sur l’hadronthérapie, soutenu par la Région, bénéficiera des compétences de toute la communauté scientifique présente sur le plateau. C’est dans ce contexte favorable que le Belge Ion Beam Applications (IBA), envisage d’implanter une filiale « IBA Hadronthérapie » à Caen (plutôt qu’à Dresde en Allemagne), afin de s’appuyer sur le tissu industriel local. « IBA veut franchir une nouvelle étape en développant un nouveau cyclotron à faisceaux de carbone capables de traiter les tumeurs radiorésistantes de certains cancers, assure Yves Jongen, fondateur et administrateur délégué du groupe. La présence des équipes du GANIL, de nombreux laboratoires, de structures et de pépinières d’entreprises est un atout pour notre développement. C’est la première fois que nous fabriquerons le prototype nécessaire au projet en dehors de la Belgique. Il sera bâti ici, en Basse-Normandie, avec la participation d’entreprises régionales. » A terme, IBA commercialisera ses machines à travers le monde. A quelques dizaines de mètres se trouve le laboratoire Cyclopharma, spécialisé dans l’utilisation biologique et médicale des produits radiopharmaceutiques. « Notre laboratoire produit des doses injectables sur le site de Cycéron afin de livrer rapidement les services de médecine nucléaire qui en ont besoin, explique Jean-Bernard Deloye, son Directeur Général délégué. En effet, nos produits, notamment le Glucotep – un isotope à vie courte utilisé dans le diagnostic et le suivi des pathologies cancéreuses -, doivent être fabriqués au plus près de ses principaux utilisateurs en Normandie, dont le CHU de Caen et la plate-forme d’imagerie biomédicale Cycéron. Il est injecté le jour même de sa fabrication et devient inactif le soir. » Cyclopharma utilisera ainsi le cyclotron de Cycéron la nuit, un moyen d’optimiser le fonctionnement d’un équipement top niveau.

Spiral2, une machine pour la communauté internationale
« La validation, en mai 2005, du projet d’accélérateur d’ions Spiral2 (Système de Production d’Ions Radioactifs Accélérés en Ligne) marque l’avenir du GANIL pour trente ans, estime Sydney Gales. Retenue parmi les 33 projets pour la feuille de route européenne des Très Grandes Infrastructures de Recherches (TGIR), cette machine offrira ainsi à la communauté internationale (plus de 700 physiciens concernés) des possibilités nouvelles d’exploration de la structure nucléaire. » Dans la compétition internationale, Spiral2 est un atout considérable dans le jeu du GANIL. Surtout, il ouvre la porte au futur projet EURISOL qui offrira un vaste champ de recherche pour les physiciens du monde entier. Du haut de ses 23 étages, le CHU veut, lui aussi, prendre toute sa place dans un environnement propice. « La clé de son rayonnement, après des années d’inertie, c’est la recherche en biologie-santé. Les médecins et la direction font, depuis quatre ans, le nécessaire pour que l’établissement soit le phare du Plateau Nord, analyse le Professeur Gilles Defer, vice-président chargé de la recherche. Nous concentrons nos travaux sur des thématiques fortes (neurosciences, cardiosciences, cancérologie, biologie infectiologie et immunologie). Nous avons une relation privilégiée avec Cycéron et notamment avec l’équipe INSERM-Université (U919) du professeur Denis Vivien avec laquelle nous travaillons sur le traitement des accidents vasculaires cérébraux (AVC). »
Matériaux et Energie : un laboratoire d’excellence
Sur le campus 2, réunissant l’Université de Caen Basse-Normandie, l’ENSICAEN et le CNRS, le très haut niveau de la recherche sur les matériaux vient également d’être reconnu. « Notre Energy Materials and Clean Combustion Center (EMC3) projet porté par le CNRS a été retenu parmi les 100 projets gagnants de l’appel à projets des Labex (laboratoires d’excellence) dans le cadre des Investissements d’Avenir. Cette reconnaissance place le Plateau Nord à l’échelle nationale et européenne, souligne Christophe Goupil, directeur scientifique de l’UMS CNRT Matériaux (UMS 3318 ENSI-CNRS-Universités Caen et Le Havre). Le laboratoire va jouer un rôle majeur pour fédérer, à l’échelon normand, les compétences scientifiques d’excellence en matériaux et énergie. » Dans un contexte national marqué par la mise en place en 2003 du Plan cancer, la recherche en cancérologie s’affirme comme une thématique émergente en Basse-Normandie, notamment à Caen. « Cette localisation est un atout, estime le professeur Khaled Méflah, directeur du Centre de Lutte Contre le Cancer (CLCC) François Baclesse. Ainsi, le centre François Baclesse et le CHU ont formalisé leur coopération en créant l’Institut Régional du Cancer de Basse-Normandie (IRCBN) sous la forme d’un Groupement de Coopération Sanitaire (GCS). » Plus largement, le centre François Baclesse participe activement au Pôle normand des sciences nucléaires et de leurs applications, baptisé Nucléopolis. « Tous ensemble, nous avons sur ce site les éléments d’une recherche sur le cancer de haut niveau, assure Khaled Méflah. Nous devons faire activement la promotion de nos forces. » L’avenir du Plateau Nord se prépare aujourd’hui (lire en encadré) pour une reconnaissance internationale encore plus forte. Son développement s’inscrit d’ailleurs dans une volonté politique partagée (État, Région, Caen la mer, etc.) qui ne se traduit pas la mobilisation de ressources importantes, notamment dans le volet du CPER « renforcement de la compétitivité du territoire régional » et plus particulièrement l’action « renforcer le pôle d’enseignement supérieur et de recherche » « À mon avis, Normandie Incubation symbolise le futur du Plateau Nord, lance Sydney Gales, son président actuel. L’incubateur, né de la volonté de l’UCBN, du GANIL et de l’ENSICAEN, fait émerger de nombreux projets innovants porteurs d’avenir pour la région. » Une convention signée avec le CHU de Caen va lui permettre d’accompagner désormais les start-up du monde médical. Une pierre de plus sur un Plateau déjà bien rempli.
Contact :
Josette Travert
Présidente de l’Université de Caen Basse-Normandie
Tél. : 02 31 56 55 70
Sydney Gales
Directeur du GANIL
Tél. : 02 31 45 45 91
Yves Jongen
Administrateur délégué
IBA
Tél. : +32 (0)10 47 58 54
Michel Villemain
Presto Engineering Europe
Président directeur général
Tél. : 04 76 70 93 39
Professeur Gilles Defer
Vice-Président chargé de la Recherche du CHU de Caen
Tél. : 02 31 06 46 21
ProfesseurKhaled Méflah
Directeur du CLCC François Baclesse
Tél. : 02 31 45 50 50
Professeur Christophe Goupil
Directeur Scientifique du CNRT matériaux de Normandie
Tél. : 02 31 45 26 35
Jean-Bernard Deloye
Laboratoire Cyclopharma
Directeur général délégué
Tél. : 02 31 53 23 00




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