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De la mémoire en pixels au service de la recherche: un pôle pour positionner la région dans ce domaine

29 10 2006

Avec 140 entreprises positionnées sur la filière image et un grand nombre d’acteurs en recherche et formation, la région est riche en activités autour de la mémoire.De la simple numérisation pour archives, à la réalisation d’outils de recherche utilisant l’image virtuelle, les acteurs dans le secteur ” mémoire et multimédia ” ne manquent pas autour de Caen. L’agglomération veut aller plus loin dans son positionnement sur ces nouvelles activités, en créant un pôle dédié. Actuellement à l’étude, il pourrait s’implanter sur la commune de Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, à deux pas de l’Institut Mémoires de l’Edition Contemporaine (IMEC).

Qu’est-ce qui change et qu’est-ce que ça change ?

Qu’est-ce qui change et qu’est-ce que ça change ?
Qu’est-ce qui change ? De la numérisation des données à l’image virtuelle, les technologies autour de la mémoire et de la reconstitution constituent aujourd’hui un enjeu majeur. Or la région caennaise dispose déjà d’un tissu d’acteurs étoffé dans le domaine. La création d’un pôle regroupant ces acteurs (entreprises, centres de recherche, enseignants) est actuellement à l’étude, sur un site à Saint-Germain-la-Blanche-Herbe.
Qu’est-ce que ça change ? Au-delà d’un affichage plus fort des compétences régionales en la matière, la création d’un pôle ” Mémoire et Multimédia ” permettrait de renforcer l’attractivité de la région caennaise dans un secteur en plein développement.

Rassembler en un même lieu entreprises et laboratoires, sur une spécialisation poussée, dans une logique de coopération et de mutualisation… Telle est la philosophie d’un pôle de compétences. Dans le domaine de l’image
associée à la mémoire, l’agglomération caennaise veut passer à la vitesse supérieure en créant justement un tel pôle. Tourné vers ces savoir-faire, il permettrait non seulement d’afficher plus efficacement les compétences locales en la matière, mais aussi de favoriser les échanges entre professionnels du secteur. ” L’idée, en concentrant, c’est d’accroître la productivité et la compétitivité de chacun, d’asseoir une notoriété régionale et interrégionale dans le domaine. Mais aussi et surtout d’améliorer l’attractivité régionale dans le domaine, donc d’attirer de nouvelles entreprises “. Pour Mathieu Desramé, du Centre Européen d’Entreprise et d’Innovation (CEEI) à Synergia, les études engagées devront confirmer si l’agglo dispose du potentiel susceptible d’amorcer la pompe. Mais avec 140 entreprises et environ 650 salariés affiliés à la filière ” image “, le tissu local dispose de ressources intéressantes à cristalliser autour d’un pôle. Outre des entreprises, ce dernier rassemblerait des structures faisant appel aux techniques de numérisation pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine, comme l’IMEC, les archives départementales ou encore le CHU et l’Agence Régionale de l’Hospitalisation, de plus en plus confrontées à la problématique de la numérisation des dossiers médicaux. ” Après, si on va au-delà, on peut espérer attirer des acteurs externes comme l’INA, l’IGN, les grands éditeurs déjà partenaires de l’IMEC (Hachette, Editis) ou la Bibliothèque Nationale “. Sans parler de partenaires susceptibles de porter des projets dans ce domaine : Mémorial,
Papeteries Hamelin, France Telecom R&D…

Du plan de Rome à Alzheimer

Les organismes de formation et de recherche acteurs ou consommateurs dans ce secteur sont également nombreux. A commencer par l’Université de Caen, dont un certain nombre de formations, de laboratoires ou de programmes peuvent s’inscrire dans le pôle ” Mémoire et multimédia “. Exemple avec la Maison de la Recherche en Sciences Humaines (MRSH), qui abrite le tout récent CIREVE (Centre Interdisciplinaire de Réalité Virtuelle). Dans cette unité née en juillet dernier, on travaille ” à promouvoir et améliorer l’utilisation de la réalité virtuelle auprès des équipes de recherche qui en ont besoin ” détaille Philippe Fleury, son directeur. Cette plate-forme de réaPhilippe Fleury (directeur) et Sophie Madeleine (ingénieur de recherche) au Centre Interdisciplinaire de Réalité Virtuelle de l’Université de Caen. Ils utilisent l’image virtuelle comme outil de recherche.lité virtuelle s’est développée avec les travaux de reconstitution en 3D du fameux plan de Rome de l’Université de Caen, entamés voilà 10 ans. D’année en année, à partir des compétences et du matériel accumulés pour réaliser l’impressionnante visite virtuelle de la maquette, l’équipe de Philippe Fleury a mis en place une configuration unique dans la région, tant sur le plan des équipements que du savoir-faire. Désormais sous l’appellation CIREVE, elle peut travailler tout autant pour Microsoft ou France 3, sur des produits pédagogiques, que pour des équipes de recherche en mémoire cérébrale qui utilisent la réalité virtuelle comme outil d’expérience à part entière. Exemples : ” Deux équipes de neuropsychiatres qui travaillent sur la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson analysent le comportement de leurs patients en les immergeant dans des situations virtuelles : les courses dans un supermarché, la conduite d’une voiture, les déplacements dans un appartement… “.

Le virtuel, outil de recherche

Grâce à la réalité virtuelle, on étudie également (et le plus sérieusement du monde), l’habitat rural du Moyen-Age, l’architecture de la Rome Antique. ” On peut même reconstituer les voix de l’époque baroque “. Philippe Fleury appuie : ” Notre grande spécificité par rapport aux autres grands centres de réalité virtuelle implantés à Laval, Châlons-sur-Saône ou Rennes, c’est que nous mettons l’image virtuelle au service de la recherche “. Une particularité à exploiter selon lui. ” Le projet d’un pôle dédié à la mémoire et au multimédia dans la région caennaise permettrait de positionner la région Basse-Normandie sur cette thématique forte “. Aux côtés du CIREVE, d’autres acteurs comme l’ENSICAEN (avec des filières ” numérisation ” et ” techniques d’archivage “) ou le CERIS (numérisation d’archives vidéo) pourraient jouer un rôle clé dans la constitution du pôle. Ce dernier est d’ailleurs hébergé au sein de l’Abbaye d’Ardenne à Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, commune qui accueillera le futur pôle de compétence. Sera-t-il suivi ? ” Nous sommes actuellement dans une phase de lancement, qui doit permettre aux acteurs de se connaître, d’établir des relations de confiance “. Il faudra attendre 2007 pour engager une phase de développement en vue de faire sortir de terre un véritable pôle. Pas virtuel, bien réel.

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