De bonnes raisons de manager l’innovation
28 04 2010
L’innovation permet aux PME de mettre toutes les chances de leur côté pour assurer leur pérennité. Bien la piloter en accentue les retombées.
Vade-Mecum
Frédéric Fréry, professeur de stratégie à ESCP Europe, livre sept règles pour bien manager l’innovation • Ne pas confier la gestion de l’innovation aux seuls experts dans l’entreprise
• Être à l’écoute du marché plutôt que des clients
• Présenter les ruptures comme des continuités, pour éviter de déstabiliser le client
• Savoir générer des contraintes pour favoriser l’innovation
• Veiller à une diversité des profils dans l’équipe
• Multiplier les essais
• Ne pas optimiser les processus à outrance qui rendent plus difficile l’innovation
Nécessaire en temps normal, indispensable en temps de crise, l’innovation est reconnue comme l’un des meilleurs alliés des entreprises qui veulent maintenir, voire développer leur activité. Encore faut-il qu’elle soit bien managée.
« L’innovation, c’est la mise sur le marché d’une invention qui marque un impact sur la société », rappelle Frédéric Fréry, professeur de stratégie à ESCP Europe. Quid de l’avenir d’un stylo haute technologie utilisable dans l’espace lorsque d’autres solutions, plus simples et surtout beaucoup moins onéreuses fonctionnent déjà ? « La perfection est rarement rentable, » poursuit le spécialiste. Dans ce sens, confier la gestion de l’innovation aux seuls ingénieurs peut selon lui s’avérer une erreur.
Deux principaux objectifs motivent les entreprises à innover : la réduction des coûts de procédés et/ou l’augmentation de la valeur ajoutée. L’innovation naît parfois, souvent, de contraintes. « Jusqu’en 2009, nous
avions des difficultés à recruter des hommes sur le bassin virois », témoigne Catherine Duquesne, PDG de la Normandise, spécialisée dans l’alimentation pour animaux domestiques à Vire. « Nous avons fait le choix d’automatiser nos lignes au maximum pour réduire la pénibilité du travail et ainsi pouvoir recruter des femmes, poursuit-elle. Si bien que notre usine est devenue la plus moderne d’Europe ! »
« Le chaos, un second moteur »
L’entreprise hérouvillaise Eldim est, elle, partie d’un reproche fait aux écrans LCD sur la qualité de l’image.
« Nos compétences en optique nous ont permis de développer un matériel capable de corriger la colorimétrie des écrans mille fois plus vite que ceux qui existaient sur le marché », explique son dirigeant, Thierry Leroux. Devenue une référence en la matière sur le marché, l’entreprise ne cesse cependant pas d’innover.
Face à la crise, elle a accéléré le développement de nouveaux produits, « 5 ou 6 en l’espace d’un
an », avec de premiers effets déjà positifs. « Le chaos est un second moteur », estime-t-il.
François Thouery, PDG de Profil Progrès, conseil en ressources humaines, et membre de la Chambre Professionnelle du Conseil de Normandie, encourage quant à lui toutes
les entreprises à ne pas hésiter à recourir à des consultants. « Les cabinets de conseil peuvent aider les entreprises à mettre en place les meilleures pratiques pour générer de nouvelles voies dans le management de l’innovation ».
Frédéric Fréry
Professeur de stratégie à ESCP Europe
Catherine Duquesne
La Normandise – Tél. 02 31 68 88 62
Thierry Leroux
Eldim
François Thouery,
Chambre Professionnelle du Conseil de Normandie




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