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Cerner les impacts de la mérule et des moisissures dans l’habitat

28 04 2010

p4_Primequal_2_ouv.jpg Les cas de dégradation d’habitations par la mérule et les moisissures sont en recrudescence. Comment se développe le phénomène, quels en sont les risques, notamment sur la santé ? Une équipe d’enseignants-chercheurs du GRECAN, entourée de partenaires, débute une étude financée dans le cadre du programme national PRIMEQUAL 2 sur la qualité de l’air dans les bâtiments.


Les partenaires du projet

Les partenaires du projet
- Groupe Régional de Recherche sur le Cancer (GRECAN), UFR des Sciences pharmaceutiques de Caen, et Centre François Baclesse
- Jean Philippe Rioult, équipe de recherche et d’études en mycologie (EREM),
- UFR des Sciences pharmaceutiques de Caen
- Valérie Bouchart et Rachel Picquet, laboratoire départemental Frank Duncombe
- Alain Bourreau, ingénieur-expert en bâtiment
- Chantal Duhamel, médecin-praticien service mycologie CHU de Caen
- Philippe Vérité, faculté de médecine-pharmacie de Rouen.

Depuis une quinzaine d’années, les cas de dégradations d’habitations par des champignons se nourrissant de bois, telle la mérule, sont en recrudescence, notamment dans l’Ouest de la France. Dans un environnement humide, ce champignon se développe et se reproduit très rapidement, et sa présence s’accompagne, par ailleurs, de nombreuses moisissures parmi lesquelles des espèces capables de produire des substances potentiellement toxiques : les mycotoxines. « Nous savons très peu de choses sur les interactions entre les champignons et la production de mycotoxines à l’intérieur des bâtiments », explique David Garon, maître de conférences en botanique et mycologie à l’UFR de Sciences Pharmaceutiques de l’Université de Caen, et chercheur au Groupe Régional de Recherche sur le Cancer (GRECAN). « Nous ne connaissons pas non plus l’impact de leur inhalation sur la santé », poursuit sa collègue, Véronique André, spécialisée en biochimie et toxicologie.

Une approche transdisciplinaire

p4_Primequal_2_m__rule.jpg« Le manque de connaissances concernant la nature et les effets sanitaires de la contamination, provoquée par le champignon et les autres espèces fongiques, nécessite la mise en place d’une approche transdisciplinaire », poursuit-il.
Piloté par cet enseignant-chercheur, le projet intitulé « Étude de la contamination fongique de bioaérosols dans des habitations dégradées par la mérule et les moisissures : évaluation de l’exposition humaine et impact génotoxique », a été retenu à l’issue d’un appel à projets lancé dans le cadre du programme national PRIMEQUAL 2 sur la qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments et des transports. Le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement Durable et de l’Aménagement du territoire (MEEDDAT) finance ainsi le projet d’un budget de 90 000 €, sur une durée de deux ans.

Des prélèvements dans une vingtaine d’habitations

Des prélèvements de matériaux et d’air vont être effectués dans une vingtaine d’habitations en étudiant des pièces contaminées ou non, essentiellement dans le Grand Ouest. À chaque fois, un questionnaire technique, élaboré par un ingénieur-expert en bâtiment, ainsi qu’un questionnaire santé, établi par un médecin praticien du service de mycologie du CHU de Caen, seront p4_Primequal_3.jpgprécisément renseignés. Ces prélèvements serviront d’une part à la caractérisation de la contamination fongique, la recherche de mycotoxines avec la collaboration du laboratoire Frank Duncombe notamment, mais aussi à « l’évaluation du potentiel génotoxique, c’est-à-dire des mutations générées sur l’ADN, susceptibles d’initier ou de contribuer aux processus cancérogènes », explique Véronique André. Ces données doivent permettre de mieux caractériser l’exposition fongique des habitations touchées par la mérule, d’évaluer l’exposition humaine dans ce type d’environnement et de contribuer à l’évaluation, à terme, du risque de cancer lié à l’inhalation de spores fongiques et de mycotoxines. « Cette hypothèse reste pour l’instant peu documentée ».

David Garon
GRECAN
Tél : 02 31 45 52 21

GRECAN
Avenue du Général Harris – 14 076 Caen cedex 5
Tél : 02 31 45 50 70

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