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Autodidacte ès neurosciences

1 03 2010

IMG_4253.jpgDenis Vivien a un parcours hors norme. Formé à la biologie moléculaire et cellulaire, ce chercheur, professeur à l’Université de Caen Basse-Normandie, a découvert les neurosciences au sein du GIP Cycéron. Un mélange des genres réussi : ses travaux ont déjà permis de faire avancer la recherche sur les AVC.

Sur la porte du bureau qu’il occupe à Cycéron figure, à côté de son nom, un drakkar croqué par Heula !, accompagné d’une phrase : « Toujours une longueur d’avance »… Preuve que Denis Vivien ne se prend surtout pas au sérieux, malgré une carrière scientifique déjà saluée par ses pairs. En octobre dernier, il a été nommé membre senior de l’Institut Universitaire de France. « Une reconnaissance » qu’il savoure, bien sûr. Mais qui ne lui fait pas perdre de vue son objectif : comprendre les mécanismes moléculaires qui entrent en jeu dans les Accidents Vasculaires Cérébraux (AVC, ou ischémie cérébrale) pour, un jour, pouvoir les soigner, voire les prévenir.

Du terrain, ce chercheur est déjà parvenu à en gagner sur cette maladie, à plusieurs reprises. En 2001, il publie dans Nature Medicine les résultats des travaux (1) de l’équipe qu’il co-dirige alors depuis quelques années avec Alain Buisson (2). Son équipe est en effet parvenue à déterminer le rôle aggravateur du t-PA (activateur tissulaire du plasminogène) sur le glutamate, naturellement présent dans le cerveau dans les cas d’AVC. Une avancée de taille, ouvrant de nouvelles perspectives en matière de traitement. Pourtant, à son arrivée en 1996 au sein de cette unité mixte (CNRS-UCBN) du GIP Cycéron, Denis Vivien n’est pas un familier des neurosciences. Ses études à Rennes et à Paris, sa thèse et même son stage post-doc aux Etats-Unis : tous ont porté sur la biologie moléculaire. « Mon profil se complétait parfaitement avec celui d’Alain Buisson : je ne savais pas où était le cerveau, lui ce qu’était la biologie moléculaire », résume-t-il en souriant.

« Ne pas avoir de certitude »

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Plus récemment encore, l’unité INSERM- Université de Caen Basse-Normandie U919 « Sérine Protéases et physiopathologie de l’unité neurovasculaire » (3) qu’il a créée en 2008, après avoir reçu le label INSERM Avenir (2005), a développé un anticorps capable de bloquer les effets néfastes du t-PA. Celui-ci vient d’être breveté. Une découverte qui ouvre, encore une fois, le champ des possibles en matière de traitement mais aussi de diagnostic des AVC.
Denis Vivien aime ces pieds de nez faits à la maladie. Et aussi, au système. Il s’amuse ainsi de n’avoir jamais pris un cours de neurosciences, qu’il enseigne pourtant depuis 2001 à l’Université de Caen Basse-Normandie. « J’apprends à mes étudiants que l’important est de réfléchir, pas d’apprendre par cœur, confie-t-il. Avant, les hommes pensaient que la Terre était plate, puis ronde. Aujourd’hui, on sait qu’elle est ovale. C’est la preuve qu’il ne faut pas avoir de certitude, mais qu’au contraire, il faut chercher, questionner et continuer à regarder le monde avec des yeux d’enfants, c’est-à-dire sans a priori ».

Une tête, des casquettes

« J’ai un emploi du temps chargé, mais j’aime ça », prévient Denis Vivien. Le directeur de l’unité INSERM U919 « Sérine protéases et physiopathologie de l’unité neurovasculaire » et membre de l’unité mixte de recherche CiNAPS est aussi membre de la commission scientifique
de l’INSERM et co-coordinateur du réseau EUROSTROKE. Ce dernier regroupe une vingtaine de laboratoires européens qui mettent en commun leurs efforts pour trouver un traitement à l’AVC. Professeur de Neurosciences à l’Université de Caen Basse-Normandie depuis 2001, Denis Vivien y est également co-responsable du Master 1 « Neurosciences et Imagerie de la Santé » et membre du Conseil National des Universités. Sa récente nomination comme membre senior de l’Institut Universitaire de France lui offre cependant une décharge d’enseignement… donc plus de temps pour la recherche !

(1) The proteolytic activity of tissue plasminogen activator enhances NMDA receptor- mediated signaling. Nature Medicine. January 2001, vol. 7 p. 59.
(2) Laboratoire « Mécanismes moléculaires de la mort neuronale », créé au sein de l’unité « Mort neuronale, neuroprotection et neurotransmission » (CNRS-Université de Caen Basse-Normandie) d’Eric MacKenzie.
(3) Equipe SP2U, membre de l’unité mixte de recherche CiNAPS au sein du GIP Cycéron.

Denis Vivien / Directeur de l’Unité INSERM-UCBN U919
« Sérine Protéases et physiopathologie de l’unité neurovasculaire »
Equipe SP2U, CiNAPS
Tél. 02 31 47 01 66

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