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Antipsychotiques de première ou seconde génération dans le traitement des premiers épisodes psychotiques

21 05 2008

cinaps.jpgSonia Dollfus, responsable de l’équipe « Groupe d’Imagerie Neurofonctionnelle de la Schizophrénie » (GINPSY) du Centre d’Imagerie - Neurosciences et d’Applications aux PathologieS(1) vient de publier un article dans Lancet (2) évaluant l’existence d’une supériorité d’action des antipsychotiques de seconde génération par rapport à un antipsychotique de première génération en termes d’efficacité et de tolérance dans le traitement des premiers épisodes psychotiques (PEP). Les résultats de cette étude majeure devront être pris en compte dans l’élaboration des guides de prescription, guides qui à l’heure actuelle font l’objet de nombreux débats.

Cette étude européenne EUFEST (European First Episode Schizophrenia Trial) menée en collaboration avec un réseau de recherche européen sur la schizophrénie (EGRIS : European First Episode Schizophrenia) conforte l’intérêt de la prescription des antipsychotiques atypiques lors d’un PEP. Cette étude ouverte, randomisée a concerné 498 patients ayant un PEP et traités soit par haloperidol (1-4mg/j ; n=103), amisulpride (200-800mg/j ; n=104), olanzapine (5-20mg/j ; n=105), quetiapine (200-750mg/j ;n=104) ou ziprasidone(40-160mg/j ; n=82) et ce pendant 1 an. Les auteurs ont comparé le taux d’interruption de traitement quelque soit la cause entre les 5 groupes. Les taux d’interruption de traitement différaient significativement entre les groupes et étaient beaucoup plus bas dans les groupes traités par un antipsychotique de seconde génération que celui traité par haloperidol (72% pour l’haloperidol, 40% pour l’amisulpride, 33% pour l’olanzapine, 53% pour la quetiapine et 45% pour la ziprasidone). Les taux d’interruption de traitement pour efficacité insuffisante (rapportée par le prescripteur) différaient aussi entre les groupes avec des taux plus bas dans les groupes traités par un antipsychotique de seconde génération que le groupe traité par haloperidol bien que la différence entre haloperidol et quetiapine n’était pas significative (48% pour l’haloperidol, 14% pour l’amisulpride, 14% pour l’olanzapine, 40% pour la quetiapine et 26% pour la ziprasidone). Cependant, il importe de constater que la réduction des symptômes de l’ordre de 60% était similaire dans les 5 groupes. Cette étude naturaliste démontre l’intérêt des antipsychotiques de seconde génération dans le traitement des patients présentant un PEP même si elle ne permet pas de conclure à leurs supériorités d’action sur les symptômes par rapport à un antipsychotique classique, l’haloperidol, utilisé dans cette étude à faibles doses.
Cette étude rapporte aussi des résultats particulièrement intéressants en termes de tolérance des antipsychotiques de première et seconde génération après un an de traitement. Aucune différence significative entre les 5 groupes de traitement (haloperidol, amisulpride, olanzapine, quetiapine et ziprasidone) n’a été retrouvée concernant l’interruption de traitement pour effets secondaires quels qu’ils soient. Cependant, une proportion plus élevée de patients traités par haloperidol et ziprasidone a présenté une akathisie et davantage de patients traités par haloperidol ont développé des signes de parkinsonisme. La prise de poids était plus importante chez les patients traités par olanzapine et plus basse chez les patients traités par haloperidol et ziprasidone. Enfin, davantage de patients sous amisulpride ont développé une hyperprolactinémie. Un résultat particulièrement intéressant montre des modifications des métabolites (insuline, cholesterol, LDL, HDL, triglycérides) quelque soit le traitement sans qu’il y ait de différences significatives entre les groupes.
Cette étude permet de tempérer l’engouement des antipsychotiques de seconde génération par rapport aux antipsychotiques de première génération (type halopéridol) en termes d’efficacité symptomatique. Cependant elle met en exergue les avantages et inconvénients de 5 antipsychotiques dont l’halopéridol et ce sur une période de 1 an. Par cet aspect, cette étude est majeure et ses résultats devront être pris en compte dans l’élaboration des guides de prescription des antipsychotiques chez les patients présentant un PEP.

1 - CI-NAPS : UMR 6232 CNRS, CEA, Université de Caen Basse Normandie, Université Paris Descartes
2 - Effectiveness of antipsychotic drugs in first-episode schizophrenia and schizophreniform disorder : an open randomised clinical trial, Lancet, Vol 371 : 1085-109, 20087

Communication
Dominique Hureaux
02 31 47 01 90

Equipe GINPSY :
Sonia Dollfus
02 31 06 50 18

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