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Antarctique : un laboratoire pour la planète

10 12 2007
Antarctique : un laboratoire pour la planète

Bibliothèque de glace renfermant les archives de la planète, le grand continent blanc est une terre d’exploration scientifique. Dans le cadre de la 4e Année Polaire Internationale, l’exposition Odyssée blanche de Relais d’sciences reconstitue la base de recherche française Dumont-d’Urville.
La base : l’enchevêtrement improbable de bungalows et de passerelles perchés sur des pilotis au milieu des glaces, sur l’île des Pétrels, au pôle Sud. L’expo : neuf conteneurs maritimes semblables à ceux qu’utilisent les scientifiques dans leurs expéditions, dans lesquels Relais d’sciences a recréé les conditions de vie de ces chercheurs des pôles.

L’odyssée blanche des chercheurs bas-normands | Exposition Itinérante | Rencontres

L’odyssée blanche des chercheurs bas-normands
Espaces d’exploration et d’observation privilégiés de l’évolution de la planète, les pôles intéressent aussi les laboratoires universitaires bas-normands. Les conditions de vie de ces terres inhospitalières en font un sujet d’étude idéal pour les chercheurs en géographie sociale du CRESO, Centre de Recherches sur les Espaces et les Sociétés (Laboratoire CNRS, Université Caen Basse Normandie). Benoit Raoulx, maître de conférences en géographie sociale et politique, a présenté une thèse sur l’étude de la marginalité géographique à partir des exemples comparés des îles Féroé, du Danemark et du Groenland. Il a effectué plusieurs séjours au Groenland dans le cadre d’un post-doctorat et réalisé des expositions itinérantes avec l’Institut Culturel Danois.Il intervient dans le cadre d’Odyssée Blanche, au cours d’une rencontre intitulée « Arctique, Antarctique : les biens de l’Humanité ? », samedi 12 janvier à 9h30 au Café des images, à Hérouville Saint-Clair. David Teurtrie, doctorant au CRESO, travaille quant à lui sur les enjeux liés aux hydrocarbures en Russie et dans les pays limitrophes, en co-tutelle avec l’Université de Saint-Petersbourg. Elise Lepy, doctorante au GEOPHEN, Centre de Recherche Géographique Physique et Environnement, (Laboratoire CNRS, Université Caen Basse Normandie) étudie, en co-tutelle avec l’Université d’Oulu (Finlande), l’extension des glaces marines hivernales en Mer Baltique et leur impact sur les milieux physiques et humains. Enfin, le Laboratoire de Morphodynamique Continentale et Côtière M2C (Laboratoire CNRS, Université Caen Basse-Normandie, Université de Rouen) poursuit des recherches sur l’évolution des formes du continent et de la plate-forme immergée. Caen pilote actuellement le projet « Lidar », procédé d’imagerie laser, au sein d’un groupement d’intérêt scientifique. Ce projet interrégional, doté d’un million d’euros, permettra de suivre à long terme les fluctuations des niveaux de la mer et du littoral, afin d’évaluer l’impact éventuel d’un réchauffement climatique. Les laboratoires GEOPHEN et M2C interviennent en milieu scolaire (classes SEGPA) dans le cadre d’Odyssée Blanche.

Exposition Itinérante
“Odyssée blanche” : l’Expo est présentée à Caen (Parc floral de la Colline aux Oiseaux) jusqu’au 17 février 2008, à Alençon (parc Elan) du 1er mars au 27 avril 2008 et à Cherbourg-Octeville (Cité de la mer) du 10 mai au 31 août 2008. Ouverture au public en semaine, de 13h à 18h (matinées réservées aux scolaires) ; le week-end, de 10h à 13h et de 13h30 à 18h.

Rencontres
En marge de l’exposition, un travail est réalisé avec six classes de SEGPA de la région, faisant intervenir des hivernants, des scientifiques (régionaux et nationaux) et des artistes. Des rencontres ouvertes au public ont également lieu dans les trois villes qui accueillent l’exposition.

50 000 scientifiques au chevet des pôles

L’exposition Odyssée Blanche quittera bientôt Caen pour Alençon puis Cherbourg. Interactive et expérimentale, elle permet de comprendre les enjeux et l’importance des recherches polaires menées depuis un demi-siècle.
Fasciné par ce désert de glace et déjà persuadé de l’influence de la calotte glaciaire sur le climat, Paul-Emile Victor avait créé en 1947 les Expéditions Polaires Françaises (EPF), chargées aujourd’hui encore d’organiser les recherches scientifiques en Arctique et en Antarctique.

L’étude des animaux vivant au pôle permet de comprendre les multiples adaptations sélectionnées au cours de millions d’années d’évolution.A l’issue de la 2e Année Polaire Internationale (1957-1958), qui marque le véritable essor de la recherche polaire, on construit en Terre Adélie, là où avait débarqué Jules-César Dumont d’Urville plus d’un siècle auparavant, la base scientifique qui porte son nom. A 20200 kilomètres de France, une microsociété s’y constitue chaque année qui évolue pendant 13 mois au rythme des pôles. La 58e mission TA (Terre Adélie) est partie le 2 décembre 2007. Après une semaine de voyage sur les mers les plus dangereuses du monde à bord de l’Astrolabe, 26 Français (dont 3 femmes) ont débarqué sur ce continent de 14 millions de km2, où vivent, isolés du reste du monde, un millier de scientifiques et techniciens. Le Traité de l’Antarctique, adopté en 1961 par 56 pays, reconduit en 1991 et complété par le Protocole de Madrid, a fait de ce territoire une « réserve naturelle consacrée à la Paix et à la Science ». 40 bases scientifiques y sont actuellement installées. Le statut particulier de l’Atlantique garantit la liberté d’accès et encourage le développement de programmes de recherche internationaux.

La base française de Dumont-d’Urville, située sur l’île des Pétrels, est constituée d’une vingtaine de bungalows répartis sur 5000 m2, et pouvant accueillir jusqu’à 100 personnes.En mars 2007 a démarré la 4e Année Polaire Internationale, à l’instigation du Conseil International pour la Science et de l’Organisation Mondiale de la Météorologie. 125 ans exactement après la première édition, cette nouvelle campagne est l’opportunité de développer un effort de recherche international sans précédent. Pendant deux ans, 60 pays, 210 programmes de recherche internationaux et plus de 50 000 personnes sont au chevet des pôles pour prendre le pouls de la planète. Les questions que posent à l’humanité l’évolution du climat ou la protection de la biodiversité donnent à ces recherches un relief particulier. Toutes les disciplines sont concernées, des sciences humaines et sociales aux sciences biologiques et aux sciences de l’Univers. Odyssée blanche présente dans de véritables frigidaires l’état des recherches récentes dans six domaines : biologie animale, astrophysique, glaciologie, chimie de l’atmosphère, physique du globe, astronomie.

Les températures qui atteignent -70°C au pôle sud créent les conditions idéales pour l’observation astronomique.Dôme C : un plateau de glace perché à 3 200 mètres d’altitude, une nuit de 100 jours et un air plus sec qu’au Sahara. Cet enfer pour le commun des mortels est un paradis pour les scientifiques. Reliée à la base Dumont-d’Urville par le « raid », un long convoi terrestre de 1100 kilomètres, une équipe franco-italienne a établi ici une base permanente, habitable été comme hiver : Concordia. Les premières activités scientifiques ont débuté par les travaux des glaciologues et leur carottage de 900 mètres. Dans la glace accumulée depuis des millénaires, les chercheurs repèrent les indices des changements climatiques et de la composition de l’atmosphère au cours des 800 000 dernières années. Loin de toute source de gaz naturel ou produit par l’homme. Les mesures de l’augmentation de la concentration de polluants en Antarctique sont le reflet d’un phénomène mondial.

L’exposition Odyssée Blanche reconstitue le long voyage des hivernants vers le pôle Sud.Les glaciologues ne sont pas seuls à fouiller la neige vierge. Les astrophysiciens y recueillent des particules de poussière extraterrestres : les micrométéorites. 60% de celles que l’on étudie dans le monde proviennent des pôles, où elles bénéficient d’une carapace de protection incomparable. Entre les mains des chercheurs, ces micrométéorites se révèlent de véritables archives du système solaire des premiers âges. Le pôle est un poste avancé sur les mystères de l’espace. Les températures qui atteignent -70°C à Concordia limitent les perturbations atmosphériques, transforment l’eau en glace et assèchent l’air, créant les conditions idéales pour l’observation astronomique. Les astronomes envisagent d’ailleurs d’installer d’ici 10 ans un télescope géant perché à 30 mètres. C’est aussi en Antarctique que les scientifiques de la base de Faraday ont détecté au début des années 80 le fameux « trou » de la couche d’ozone. Les scientifiques continuent aujourd’hui encore d’évaluer l’impact du phénomène, grâce à des instruments de mesure laser (Lidar) ou spectrométriques qui permettent de calculer le niveau d’ozone dans l’atmosphère. Quant aux biologistes, ils étudient dans ce milieu extrême les multiples adaptations sélectionnées au cours de millions d’années d’évolution de la faune et la flore locales. Le manchot est leur sujet d’étude favori. Et le compagnon de l’hivernant.

Relais d’sciences
Tél. : 02 31 06 60 59
Mél : info@relaisdsciences.org
www.odyssee-blanche.org

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