A Flamanville, l’EPR prend forme
7 12 2007C’est le plus gros chantier de la région !
A Flamanville, dans le Nord-Cotentin, la construction du futur EPR mobilise déjà 600 salariés. Après les terrassements, la construction de la centrale elle-même a débuté début décembre.Un investissement estimé à 3,3 milliards d’euros, réparti sur 6 ans ! Plus de 2 000 personnes au plus fort du chantier, en 2009, soit plus de 8 millions d‘heures de travail ! 600.000 m3 de roches à évacuer ! Les chiffres sont à l’échelle des travaux, impressionnants.
Pourquoi l’EPR?
Pour EDF, la réalisation du projet EPR répond aux nécessaires besoins d’investissements dans de nouvelles capacités de production et constitue une étape essentielle dans le renouvellement son parc de production nucléaire. Selon l’entreprise, sa mise en service lui permettra de disposer d’un réacteur performant et d’une organisation industrielle éprouvée le moment venu. Réacteur le plus puissant au monde, l’EPR intègre tous les progrès récents pour offrir une production d’électricité sûre, compétitive et non émettrice de gaz à effet de serre.
« C’est encore un chantier de BTP aujourd’hui », note Philippe Leigné, directeur des travaux de l’EPR, baptisé Flamanville 3. Le top départ, c’est-à-dire au premier béton nucléaire coulé, donné début décembre, les délais de construction de la centrale seront alors de 4 ans et 6 mois pour une mise en service prévue en juin 2012. Après les terrassements et les fondations qui s’achèvent, ce sont maintenant les bâtiments, notamment le sarcophage de
protection, qui vont sortir de terre. A deux pas des unités 1 et 2 toujours en fonctionnement de la centrale nucléaire de Flamanville, le chantier de l’EPR (European Pressurized water Reactor) est en pleine effervescence.
Commencé en août 2006, au titre des travaux préparatoires, il a véritablement enclenché la vitesse supérieure au printemps dernier, au lendemain de la signature du décret du Premier ministre (1) autorisant EDF à construire le réacteur de 3ème génération. Cette fois, il s’agit d’une nouvelle génération de centrale, disposant d’un réacteur à eau sous pression développé par EDF et AREVA NP (lire en encadré).![]()
Le chantier est immense. Localement, les entreprises sont, la plupart du temps, appelées en sous-traitance. Dès le départ, la CCI Cherbourg-Cotentin a mis en place un comité de coordination pour informer les sociétés bas-normandes des marchés potentiels (lire ci-dessous). En charge du génie civil du chantier (un contrat de plus de 300 millions d’euros avec l’obligation de faire travailler entreprises et main d’œuvre locales), le groupe Bouygues s’active.
« Notre objectif est de 400 embauches sur place. Nous les aurons. Aujourd’hui, 111 personnes ont déjà été recrutées dans la région », calcule Joseph Harnois, directeur de projet chez Bouygues Travaux Publics. Pour aider au recrutement, un bus de l’emploi a ainsi sillonné une quinzaine de communes du département. Des réunions d’information collective sont régulièrement organisées au sein de l’Association de Formation Professionnelle des Adultes (AFPA) du Nord-Cotentin.
Autour
du site, la vie s’organise. Sur un terrain de trois hectares, 196 chalets en bois viennent d’être inaugurés pour loger les ouvriers. Le conseil général de la Manche prévoit d’investir dix millions d’euros dans différents aménagements routiers. Hôteliers ou loueurs de voitures constatent avec plaisir la montée en puissance du site. « Nous attendons la labellisation « Grand chantier ». C’est maintenant une question de semaine. Un audit est en cours afin de retenir les équipements à réaliser », souligne Jehan-Eric Winckler, coordonnateur EPR. Arrivé à Flamanville récemment, André Palu, directeur d’exploitation du futur EPR 3ème génération, est attentif au chantier qui prend forme. Seul aujourd’hui face à une centrale en construction, il sera, dans cinq ans, à la tête d’une unité en fonctionnement de… 300 salariés.
(1) Avant et après le décret. Avant le décret, les travaux engagés l’ont été comme travaux préparatoires au titre du permis de construire N°1. Ils étaient dits « réversibles et non définitifs ». Il s’agissait alors de faire un trou tout simplement sans dépasser le niveau 0 de la plateforme. Après l’obtention du décret d’autorisation de création (signé le 10 avril 2007 par Dominique de Villepin) et du permis de construire principal, les travaux de génie civil principal ont pu commencer.
Pour connaître les marchés liés à l’EPR, une adresse internet est à consulter.
Site : www.epr.cherbourg-cotentin.cci.fr




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