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7e PCRDT: les candidats bas-normands attendus par l’Europe

1 12 2009

UNE_cidrerie_viard.jpgPour doper la recherche, l’Union Européenne déploie les grands moyens avec un budget de 53 milliards d’euros alloué au 7e Programme-Cadre de Recherche et de Développement Technologique pour la période 2007-2013. L’enjeu est de taille pour les porteurs et partenaires de projets, avec en outre, une reconnaissance et une visibilité à l’échelle internationale. En Basse-Normandie, des chercheurs et des entreprises, dont des PME, l’ont bien compris.

Elle a beau puiser ses origines au Moyen-Âge et conserver des process de fabrication traditionnels, la cidrerie Viard, à Guéron, n’en revendique pas moins sa capacité à innover. Cette PME de 11 salariés compte parmi les 16 partenaires d’un projet de recherche européen soutenu dans le cadre du 7e Programme-Cadre de Recherche et de Développement Technologique (PCRDT). Inscrit dans la thématique « alimentation, agriculture et biotechnologie », le projet BIAMFOOD a pour objectif d’étudier les bactéries productrices d’amides biogènes dans les aliments fermentés et de proposer des solutions techniques permettant de réduire ou de supprimer ces substances nuisibles pour la santé. « Quand l’ADRIA, l’Association pour le développement de la recherche appliquée dans les industries agricoles et alimentaires de Normandie, nous a proposé d’être partenaires, je n’ai pas hésité », raconte Ghislain Cheguillaume, le responsable technique de la cidrerie Viard. Cet ingénieur chimiste soutient de manière générale et régulière (avec l’Institut français des produits cidricoles ou l’Institut national de recherche agronomique, notamment), « tout ce qui peut permettre d’approfondir la connaissance sur notre produit, de manière, à terme, à en améliorer la qualité, et de pouvoir ainsi nous démarquer face à la concurrence. L’innovation est vitale pour l’entreprise, mais elle dépend avant tout des progrès de la recherche ».
Sur une durée de trois ans (2008-2011), la cidrerie Viard s’est engagée à fournir des échantillons de cidre qu’elle sélectionne suivant des critères précis. « Le projet implique aussi de participer à des colloques, la plupart du temps à l’étranger, qui permettent de faire le point sur l’avancée du projet ». Ghislain Cheguillaume y consacre en moyenne trois heures par mois, compensées par une subvention de l’Europe dont le montant a été fixé au moment de la signature de l’accord du projet. « Il y a aussi un peu de paperasse, mais rien de très sorcier », assure-t-il. En tout cas rien comparé au fait « d’être partenaire des acteurs de la recherche les plus pointus dans notre domaine. Cela nous permet aussi d’acquérir une visibilité à l’étranger pour accompagner notre développement à l’export ».

Un accompagnement en région

Dans le cadre du 7e PCRDT, on comptait déjà, fin 2008, 15 acteurs bas-normands impliqués dans 13 projets. Pour en augmenter le nombre, les acteurs régionaux tentent de mieux structurer le conseil et P.2_3_Laurent_Lec__ur.jpgl’accompagnement des porteurs ou partenaires de projets potentiels. De l’information à la recherche de partenaires, des structures comme la MIRIADE, Oséo, la Chambre régionale de Commerce et d’Industrie sont à la disposition des porteurs de projets. « Les chercheurs et entreprises ne doivent pas hésiter à venir nous voir », insiste Laurent Lecœur, chargé de mission Europe à la MIRIADE.
Plus en amont, l’antenne bruxelloise de la Région Basse-Normandie facilite, de par son adhésion à des réseaux tels qu’ERRIN, qui regroupe autour de la recherche et de l’innovation une soixantaine d’autres régions européennes, la mise en relation de chercheurs ou d’entreprises bas-normandes avec d’autres partenaires européens. Elle a permis par exemple la participation à une rencontre sur l’imagerie médicale en octobre à Bruxelles de huit chercheurs bas-normands, qui pourraient s’insérer à court ou moyen terme dans des partenariats PCRD. L’antenne de la Région est aussi particulièrement au fait des appels à propositions, bienIsa_Cav__.jpg souvent avant même leur publication et peut servir d’intermédiaire avec les services référents de la Commission européenne pendant la préparation des projets. « Nous pouvons intervenir également après la sélection du projet : nous pouvons demander, pour le porteur du projet, des clarifications sur ce que lui demande la Commission et éviter des malentendus pendant la négociation du contrat », précise Isabelle Cavé, chargée de la recherche et de l’innovation au sein de l’antenne bruxelloise.
Pour le montage des dossiers en revanche, si les laboratoires publics de recherche peuvent se reposer sur des équipes dédiées et aguerries au sein de leur organisme de tutelle (Université de Caen, CNRS…), « il reste beaucoup à faire pour les acteurs privés », souligne Christiane Malot. Ce membre du laboratoire CIMAP, manageur de projets européens, connaît bien le PCRDT. « Dans le cadre de mon Master 2 d’expert en projets européens, je viens de finir une étude sur l’implication bas-normande dans les PCRDT depuis leur création en 1984 », indique-t-elle. Elle-même y est impliquée depuis 16 ans maintenant.

Piloter un projet

Christiane Malot pilote actuellement le projet ITS LEIF, sélectionné dans le cadre du 6e PCRD. ITS LEIF, c’est une plateforme de recherche interdisciplinaire avec les ions de basse énergie, qui combine les efforts de 5 installations européennes (dont ARIBE au CIMAP sur le site du GANIL). Un projet de 4,8MÄ réunissant 17 P.2_3_Christiane_Malot.jpgpartenaires et 14 groupes associés de 18 pays différents – dont une PME bas-normande, Pantechnik.
« Ce n’est pas compliqué. Il faut juste se pencher sur la question, être disponible et avoir envie de le faire », témoigne-t-elle. « Le montage du dossier dure de trois à six mois. Son acceptation – le taux de réussite pour la Basse-Normandie était de 20% pour le 6e PCRD -par la Commission européenne dépend de l’excellence des équipes et de la qualité scientifique du projet. Il faut aussi penser à la valeur ajoutée du projet, poursuit Christiane Malot. À compétence scientifique égale, le projet qui intègrera la place des femmes, par exemple, ou la diffusion de la connaissance auprès des jeunes, a toutes les chances de faire la différence. Les chercheurs doivent justifier l’utilité tant sociale qu’économique de leurs travaux. Il faut aussi noter que l’Europe a de plus en plus tendance à retenir des projets de plus grande envergure qu’avant, ce qui n’exclut cependant pas les projets de petite taille ».
Une fois le dossier accepté, les partenaires se répartissent les rôles. Un accord est conclu avec la Commission européenne, notamment pour négocier le financement. « En tant qu’assistante de coordination, c’est moi qui m’occupe de la communication, des relations avec les partenaires, des réunions, du reporting… Il est vrai que pour commencer, mieux vaut se positionner comme partenaire que coordinateur. C’est le meilleur apprentissage ».
Cet apprentissage, la Région Basse-Normandie souhaite elle aussi en faire l’expérience, avec l’appui de son antenne de Bruxelles. Dans le cadre de l’appel à propositions « Régions de la Connaissance », elle pourrait déposer avant le 14 janvier un projet avec des partenaires bas-normands et européens pour renforcer le développement économique lié à l’imagerie médicale. À suivre.

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