Labellisé par le pôle de compétitivité Mer Bretagne et financé par la Région Basse-Normandie, la Région Bretagne et les fonds européens FEDER, le programme de recherche VECOP prévoit une mise sur le marché en 2015 d’un premier pavé urbain drainant à base de coquilles marines. Une valorisation inédite des coproduits de la pêche qui réunit acteurs de la recherche et industriels bas normands et bretons.
Nom de code, VECOP : Valorisation en Eco-pavé drainant des COproduits de la Pêche.
C’est l’intitulé exact du programme de recherche sur trois ans piloté par le laboratoire de recherche de l’Ecole Supérieure d’Ingénieurs des Travaux de la Construction de Caen (ESITC Caen) est le dernier né des éco-matériaux testés par l’école. « Nous développons en effet notre recherche vers des alternatives renouvelables et moins énergivores aux produits traditionnels de la construction issus des carrières. C’est le cas par exemple du lin qui pourrait se substituer aux polymères ou aux fibres métalliques dans les bétons fibrés, explique Mohamed Boutouil, directeur de la recherche au sein de l’ESITC Caen. En explorant la piste des sédiments marins, l’idée de réutiliser les coquilles vides des coquillages marins s’est peu à peu imposée, d’autant que ceux-ci posent des réels problèmes de débouchés aux professionnels de la filière ». Un projet séduisant qui multiplie les avantages. Un débouché économique pour ces coproduits de la pêche et des cultures marines classés aujourd’hui comme déchets.
Épauler sans bousculer les entreprises
Un éco-matériau innovant, où la fonction draînante est aussi une réponse à la problématique de l’imperméabilisation des sols en milieu urbain. « On s’oriente vers un pavé destiné à des zones dites de faibles trafics, allées, bordures, trottoirs ou encore parkings. L’idéeest de laisser la goutte d’eau s’infiltrer dans le sol là où elle tombe, et non plus de la laisser ruisseler, ce qui pose des problèmes d’encombrement des réseaux et de fonctionnement pour les stations de traitement des eaux. » Techniquement, le défi majeur est d’obtenir un pavé alvéolé et poreux qui conserve la même résistance mécanique que ses homologues traditionnels. C’est ici que les laboratoires de l’ESITC Caen et de l’Université de Caen Basse-Normandie entrent en jeu. Sans partir de zéro. « Avant de signer pour ce programme de recherche, nous avions déjà plus de deux ans de travaux de recherche sur les propriétés mécaniques des coquillages. »
L’autre particularité, tout aussi exemplaire de VECOP, est sa dimension dite collaborative entre chercheurs et entreprises. Depuis les fournisseurs de la matière première jusqu’au fabricant et distributeur final, toute la chaîne est représentée pour un objectif final de mise sur le marché des premiers écopavés marins dès 2015. « On a même dû réaliser au préalable une étude de marché prospective de 2015 à 2020. Sur la base de 8 à 10 000 tonnes de coquilles traitées par an, on se situerait à 2% de part de marché en France sur le pavé urbain. Soit 70 000 m2 de surface, sachant qu’avec 0,5 m2 de pavé par an et par habitant, la France fait 8 fois moins bien que l’Allemagne qui se situe à 1,2 m2. »
Dans la chaîne des entreprises qui participent au programme, Veolia Propreté, en amont, et Point P, en aval, jouent deux partitions cruciales. Près de Bayeux, Veolia teste un nouveau procédé de séchage par soufflerie destiné à éliminer le maximum de matières organiques des coquilles vides. « On ne pouvait pas demander aux industriels du décorticage de mobiliser des moyens et du personnel pour ce travail qui n’entre pas dans leur coeur de métier. C’est aussi l’esprit de VECOP de s’adapter aux outils et aux process actuels des industriels. » Même démarche pour l’usine de fabrication de Point P, à Avranches. « On doit leur fournir des formulations qui correspondent précisément au calibrage de leur machine et à leurs matières premières. » Ce même esprit collaboratif se retrouve dans l’animation et la gestion administrative du programme.
Le comité de pilotage, présidé par l’ESITC Caen, réunit tous les acteurs deux fois par an pour partager l’état d’avancement et résoudre les éventuelles difficultés. Notamment dans le suivi administratif d’un programme européen qui n’entre pas forcément dans les habitudes des entreprises. « On apporte volontiers nos conseils et aides dans ce traitement administratif. Notre but est d’encourager ces acteurs qui se sont portés volontaires pour ce beau projet. »
Sous les pavés, la plage ? Demain, ce sera peut-être enfin la réalité.
CONTACT
Mohamed Boutouil
Directeur de la recherche au sein de l’ESITC Caen
02 31 46 23 10
Région Basse-Normandie
Direction des Affaires Européennes et des Relations Internationales
Service Fonds Structurels Européens
02 31 06 89 36
Préfecture de région Basse-Normandie
Secrétariat Général pour les Affaires Régionales
Service Europe / 02 31 30 65 12
Ce message est également disponible en : Anglais
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